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Les peintres impressionnistes ont marqué leur époque en sortant des cadres académiques, tant pour les sujets que pour les techniques. Pour le public d’aujourd’hui, se plonger dans leurs œuvres, c’est aussi remonter le temps et appréhender un monde aux mœurs bien différentes. L’exposition proposée par le Musée d’Orsay montre à quel point ces artistes ont su rendre compte des habitudes vestimentaires et de leur évolution.

Edouard Manet, La Dame aux éventails, 1873.

Six salles associent les peintures, venues de musées français comme étrangers, aux vêtements et accessoires, dont la majeure partie sont prêtés par le musée Galliera. Il s’agit d’abord de se familiariser avec l’essor pris par le phénomène de la mode, soutenue par l’apparition des grands magasins et d’une presse spécialisée. La parure féminine occupe une large place dans cette exposition : des tenues pour chaque moment de la journée et selon les saisons, des robes pour les grandes occasions, des accessoires indispensables (chapeau et gants) et des artifices destinés à modeler la silhouette qui s’apparentent à des instruments de torture. Le vêtement masculin n’est cependant pas en reste, et inspire également les peintres en dépit de son austérité. Pour clore la visite, une salle champêtre, où, sous le gazouillis des oiseaux, le flâneur foule une manière de pelouse.

On admire autant les toiles que les parures. Les grands noms de l’impressionnisme sont présents, de Manet à Degas, en passant par Berthe Morisot et Renoir ou Caillebotte et Tissot. On redécouvre des œuvres maintes fois admirées en reproduction, tel Le déjeuner sur l’herbe de Monet ou Danse à la campagne de Renoir. On s’immerge dans des toiles méconnues, comme La demoiselle de magasin par Tissot ou le portrait de Fantin-Latour par Manet. On s’attarde devant le portrait de Mme Bartholomé réalisé par son mari, en regard de la robe qu’elle porte sur le tableau, et qui nous est parvenue dans un très bel état. On déambule de salle en salle, au rythme de citations empruntées à Zola ou à Baudelaire. On rêve et on rentre le ventre à la moindre mention de corsets.

L’exposition est à la fois un régal pour les yeux et une mine d’informations concernant les us et coutumes vestimentaires de nos aïeux. La gamme de produits dérivés est variée et soignée, à même de tenter les grandes et les petites. Aux habituels marque-pages, cahiers et catalogues s’ajoutent des coupons de tissus, des boutons de nacre, des étoles, éventails et ombrelles à se pâmer, ainsi qu’un extraordinaire cahier d’activités artistiques intitulé « A la mode impressionniste » (coloriage, découpage et bricolage – présenté par George ici). A découvrir jusqu’au 20 janvier au Musée d’Orsay. Et pour vous mettre l’eau à la bouche : le site dédié.

L’Impressionnisme et la Mode, Musée d’Orsay – du 25 septembre 2012 au 20 janvier 2013.

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