Guy Delisle, dessinateur et animateur, s’installe à Jérusalem, où sa compagne est envoyée pour une mission humanitaire d’un an. Il décrit, au gré de petites histoires, sa découverte d’Israël et des territoires palestiniens, ses rencontres avec leurs habitants, le quotidien d’un expatrié, qui assume son rôle de père de famille tout en cherchant à alimenter sa vie professionnelle.

Faire les courses, prendre les transports en commun, visiter Jérusalem, partager son expérience de dessinateur, tout prend des allures d’aventures extraordinaires. Il faut se familiariser avec les habitudes locales, avec les particularismes religieux, avec la tension permanente entre les communautés. Les anecdotes foisonnent, mettant en scène le dessinateur comme les personnes qu’il peut croiser lors de ses pérégrinations. On sourit quand il s’agit de repêcher des clés de voiture tombées dans la porte de l’ascenseur ainsi que devant les bons mots des enfants. On fronce le sourcil face aux tracasseries douanières ou aux violences qui visent des civils. On apprend beaucoup sur les traditions juives, sur l’histoire et les monuments de Jérusalem.

Si le style des dessins n’est pas forcément enthousiasmant, le ton souvent ironique est plaisant. Le récit est fait à la première personne, comme dans un journal. Mais Guy Delisle parvient à raconter ce qu’il vit avec beaucoup de distance et d’humour. Il n’hésite pas à se moquer de lui-même pour montrer à quel point il est difficile de s’adapter à l’étranger. Pour dépeindre les situations les plus dramatiques, il est capable d’insister sur un détail qui permet de relativiser et de pointer du doigt tantôt la bêtise humaine tantôt les aberrations administratives.

Cette entrée dans le monde de Guy Delisle s’est révélée riche et agréable. Elle m’a donné l’envie de découvrir d’autres de ses bandes dessinées, à commencer par Pyongyang ou les Chroniques birmanes.

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, 2011.

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