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Salzbourg, printemps 1940. L’Autriche est passée sous le joug nazi. Depuis le sanatorium où il soigne sa tuberculose, Otto J. Steiner, critique musical, se morfond. Il sent bien qu’il s’affaiblit, mais sa passion pour la musique ne le quitte pas. Fort heureusement, un de ses anciens collaborateurs, tétanisé par la censure, fait appel à lui pour répondre aux demandes des nazis, tantôt pour choisir les morceaux qui doivent accompagner une rencontre entre Hitler et Mussolini, tantôt pour préparer la programmation du Festspiele. Ces projets donnent à Otto les forces nécessaires pour supporter les privations croissantes, les déconvenues médicales ou amicales. Ils sont aussi l’occasion de faire passer l’envie aux nazis de martyriser la musique.

Ecrit sous la forme d’un journal intime, ce récit est, malgré le contexte pesant dans lequel il s’inscrit, divertissant. Un peu farfelu, le personnage d’Otto réussit à dédramatiser les aspects les plus pénibles, qu’il s’agisse de la maladie, de la vieillesse ou de l’évocation de l’occupation nazie. Et le pied de nez final est époustouflant. Raphaël Jerusalmy, dont c’est le premier roman, est parvenu à construire un bel équilibre, où la gravité et l’ironie se côtoient avec justesse. Le style est enlevé, plaisant. On passe ici, en lisant cet ouvrage, un excellent moment.

Sauver Mozart, Raphaël Jerusalmy, 2012.

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