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L’été dernier, Arte a eu l’heureuse idée de diffuser l’adaptation télévisée tirée des romans d’Alexander McCall Smith. Devant la platitude des programmes estivaux cette année, j’ai eu envie de retrouver l’atmosphère paisible et ensoleillée des aventures de Precious Ramotswe.

Quand meurt son père, usé par ses jeunes années de labeur au fond des mines sud-africaines, Precious Ramotswe décide de vendre le cheptel qui constitue son héritage. Avec la somme rondelette qu’il lui procure, elle crée la première agence de détective féminine au Botswana. Si les débuts sont difficiles, le bon sens, la ténacité et les amis de Mma Ramotswe attirent rapidement les clients. Chasser un usurpateur d’identité, sauver l’honneur de l’hôpital local, mettre fin à une arnaque aux assurances, rassurer un père trop protecteur, telles sont les missions qu’accepte Mma Ramotswe.

Le charme de ce roman tient en grande partie dans les efforts réalisés pour traduire avec vraisemblance la vie au Botswana. Loin de se contenter des enquêtes de la bien en chair Mma Ramotswe, l’auteur inclut dans le récit de nombreux détails dévoilant le quotidien et l’état d’esprit des concitoyens de son héroïne. La beauté sauvage des paysages est aussi très présente. Les personnages ont une étonnante consistance, en particulier les personnages secondaires qui, malgré leur passage éclair dans le roman, sont caractérisés avec précision. Il est difficile, si ce n’est impossible, de ne pas apprécier Mma Ramotswe. Sa gentillesse, parfois un tantinet candide, ne l’empêche pas de se montrer ferme. Pétrie de bonnes intentions et toujours soucieuse de respecter la morale, cette femme que la vie n’a pas épargnée fait preuve, dans ses enquêtes comme dans sa vie personnelle, d’une grande patience, sans doute puisée dans le thé roïbos qu’elle sirote à tout moment de la journée.

Après une prise de contact manquée avec l’auteur (44 Scotland Street, agaçant et redondant), les deux autres séries de romans d’Alexander McCall Smith ont su d’autant plus me charmer. Mon attachement à la série des Isabel Dalhousie n’est plus un secret (ici et ici). Et me voici derechef happée par les aventures de Mma Ramotswe. S’ouvrent ainsi devant moi de belles perspectives de lecture, d’autant plus que l’auteur est particulièrement prolifique.

The No.1 Ladies’ Detective Agency, Alexander McCall Smith, 1998.