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Pour la quatrième année consécutive, j’ai eu l’occasion de travailler à la Japan Expo. De ce rendez-vous, devenu incontournable pour des milliers de passionnés, je n’ai vu que quelques bribes, en passant dans les allées pour aller déjeuner dans un calme relatif. Un stand a néanmoins attiré mon attention, celui de l’éditeur Casterman. N’y tenant plus, le dimanche matin, avant l’entrée des premiers visiteurs, j’ai fait quelques emplettes : le troisième tome de Thermae Romae, et deux mangas de Jirô Taniguchi. C’est le premier, Terre de rêves, qui est à l’honneur aujourd’hui.

Les cinq histoires réunies dans ce volume ont été publiées au Japon, en 1991 et 1992, dans le magazine Big Comic.

Les quatre premiers récits sont liés. Ils mettent en scène un même couple, confronté à la mort de leur animal de compagnie, puis au choix d’en prendre un autre ensuite. « Avoir un chien » est inspiré de l’expérience personnelle de l’auteur. Il y raconte les derniers mois d’un chien, affaibli par la maladie, et la détresse de ses maîtres inquiets de le voir souffrir. « Et maintenant… un chat » et « Vue du jardin », constituent une suite. Le même couple adopte, en se laissant forcer la main par une voisine bienveillante, une chatte qui ne tarde pas à mettre bas. « Quelques jours à trois » introduit le personnage d’une nièce fugueuse qui vient faire le point chez les heureux propriétaires des chats.

Le dernier récit, « La Terre de la promesse », s’inspire lui aussi de faits réels, vécus par une connaissance de Jirô Taniguchi. Un alpiniste amateur, quoique de très bon niveau, se lance dans une dernière expédition en Himalaya. Il a décidé de renoncer à ce sport dangereux pour se consacrer à sa famille, mais il est illusoire de croire se dégager facilement d’une telle activité.

Une fois de plus le charme des dessins, allié à la délicatesse des récits, a fait son œuvre. Les liens familiaux, l’attention portée à la nature, l’espoir d’accomplissement personnel, ces thèmes chers à Taniguchi sont présents dans ce recueil. La première histoire est particulièrement émouvante. Dans une manière de postface, l’auteur souligne l’importance de ce récit dans sa carrière. Non seulement il lui a valu une récompense (le prix spécial du jury du manga Shôgakukan), mais il a influencé son style. Le découvrir, c’est un peu se pencher à la source des œuvres les plus poétiques de l’auteur.

Terre des rêves, Jirô Taniguchi, 1991-1992.

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