Étiquettes

,

La géographie holmésienne est d’une incroyable richesse. Mais le lieu le plus dramatique de tous reste les chutes de Reichenbach, près de Meiringen, en Suisse. C’est là, à l’hôtel Baker Street, qu’a décidé de se réunir le gratin des sommités en holmésologie. Et l’enjeu est de taille : l’indéboulonnable professeur Bobo doit désigner, à l’issue de ce séjour, l’heureux titulaire de la toute nouvelle chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Une météo exécrable, doublée d’une avalanche, vient bouleverser les plans des spécialistes. Quand, à la fin du week-end, les routes sont dégagées, c’est un hôtel transformé en tombeau que découvrent son directeur et le commissaire Lestrade. Armé d’une logique à toute épreuve et des récits des défunts hôtes, le commissaire, amateur de littérature policière, s’efforce de faire la lumière sur ces sordides événements.

Dans le petit mot qui accompagne ce roman, Matilda espère qu’il me fera rire. Qu’elle soit rassurée ! Impossible de ne pas sourire, voire éclater de rire, pendant cette lecture. La légèreté du ton, les jeux de mots (plus ou moins fins, mais toujours amusants), les multiples références aux œuvres d’Arthur Conan Doyle, ainsi qu’à celles d’Agatha Christie, font de ce texte une véritable pépite. Pour ne rien gâcher, l’intrigue est  construite intelligemment. Les personnages, en particulier les Holmésiens, sont divinement caricaturés. Pour un lecteur ayant frayé autant avec le Canon qu’avec des Holmésiens, ce tableau aussi excessif que vraisemblable est une source certaine d’amusement.

Ce fut donc un très bon moment de lecture, qui m’a permis de réviser mon opinion sur l’auteur (dont Made in China m’avait laissé un souvenir particulièrement désagréable). Merci, Matilda !

Le mystère Sherlock, J.M. Erre, 2012.