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     C’est plus fort que lui. Félicien est un procrastinateur. Même pour acheter le cadeau qu’il offrira à sa chère et tendre pour ses trente ans, il s’y prend à la dernière minute. Et c’est le drame. Non seulement il ne peut mettre la main sur le cadeau qu’il avait envisagé, mais les créateurs de mode le trahissent, changeant subitement de style cette saison et ruinant toutes les options secondaires. Une seule solution s’impose à lui. Elle lui semble évidente, mais le prix est si élevé qu’il le fait d’abord hésiter, puis regretter cet achat. Sans compter que ce cadeau si coûteux va transformer la journée de Félicien en un véritable parcours d’obstacles.

Une idée de départ alléchante, un style enlevé et agréable, j’étais prête à succomber aux charmes de ce roman. Mais Félicien est venu, là aussi, tout gâcher. Les tergiversations sans fin, les maladresses grossières et, parfois, la stupidité de ce garçon en font un personnage agaçant. Comme il tient le devant de la scène, c’est bien ennuyeux. Un trajet de train a suffi pour venir à bout des quelque cent quarante pages. Mais il a fallu bien plus de temps pour que l’irritation causée par ce dadais ne disparaisse. J’aurais pu apprécier Un cadeau, mais son héros caricatural a gâché le plaisir. D’autres, moins allergiques aux indécis congénitaux, y trouveront sans doute leur compte.

Merci, Mélanie, pour cette lecture expérimentale.

Un cadeau, Eliane Girard, 2012.

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