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Les mois se suivent et ne se ressemblent pas. Si la découverte de Leonardo Paduraa été agréable en avril, celle de ce roman, pourtant porté aux nues comme à l’écran, s’est révélée une déception.

      Jeune surdoué de 9 ans, Oskar Schell a perdu son père lors des attentats du 11 septembre 2001. Plusieurs mois se sont écoulés, mais il a toujours, comme il le dit, des semelles en plomb. Malgré l’attention et l’amour que lui portent sa mère et sa grand-mère, le chagrin l’emporte. Un peu par hasard, il découvre, dans le dressing paternel, une petite clé associée au mot « black ». Son esprit obsessionnel trouve là un objet sur lequel s’exercer : coûte que coûte et vaille que vaille, Oskar veut mettre la main sur la serrure qu’ouvre cette clé. Cette idée fixe le conduit à faire de multiples expériences et rencontres.

      Malgré un début d’intrigue à même d’éveiller ma curiosité et un personnage de prime abord attachant, la lecture de ce roman a été tout sauf plaisante. La cohérence du récit est mise à mal par des souvenirs des grands-parents, notamment par ce qui se révèle être une lettre écrite par la grand-mère à l’attention d’Oskar. Ce que ces incises apportent véritablement au roman, je me le demande encore. Des intrusions d’images (photographies de serrures, de lieux new-yorkais,…) ont lieu sans crier gare, et sans réel intérêt. Des pages blanches barrées d’une seule phrase correspondent au mode de communication du grand-père ayant perdu la parole. Sur plusieurs pages, toutes les fautes de langue sont entourées au pseudo feutre. Cinq pages sont rendues illisibles par une superposition de phrases, comme si on avait imprimé plusieurs fois sur la même feuille. Tout cela apparaît comme autant de diversions, destinées à faire oublier que rapidement l’intrigue piétine, perd de son intérêt et qu’Oskar finit par taper sur les nerfs du lecteur. On s’attend à un texte suscitant de nombreuses émotions, ne serait-ce que par le choix du héros, a priori touchant. Le charme n’a pas agi, sans doute car il m’a été impossible d’entrer dans ce roman.

     Sans surprise, le visionnage de l’adaptation filmique ou la lecture d’autres œuvres de l’auteur ne font par partie de mes priorités…

 Extrêmement fort et incroyablement près, Jonathan Safran Foer, 2005.

 Une lecture pour les 12 d’Ys