Sous ce titre sont réunis quatre textes, écrits à des périodes différentes. Tous ont en commun l’évocation d’êtres chers disparus.

     Le premier, Variations sibériennes, est dédié à la mère tout juste inhumée. Alors que le Transsibérien emporte l’auteur / narrateur vers l’Est, et déroule sous ses yeux d’étonnants paysages, un dialogue se noue avec la mère disparue. Ce texte, le plus long, est le fruit d’un travail mené dans le cadre d’un voyage à bord du Transsibérien organisé par CulturesFrance.

     Vient ensuite Kaléidoscope ou notules en marge du père. Il s’agit d’un ensemble de courts textes, associations d’idées autour d’un mot (Un songe, Roses, Passeur…) et qui ramène à la figure du père, lui aussi disparu.

Il n’y a plus d’images et Cependant conclut l’ensemble. Ecrits à vingt ans d’intervalle, ils se complètent, le second reprenant là où s’est achevé, en suspens, le premier. Là aussi, il est question de souvenirs, de manque, et des efforts tentés pour le combler. Ceux de Mallarmé, par exemple, pour ériger un tombeau de mot aux fils qui lui a été enlevé.

      Il est toujours difficile de raconter, et même de donner ses sentiments, sur les ouvrages de Sylvie Germain. La force de ses textes réside moins dans le fond que dans la forme. En quelques pages, on se sent emporté par le souffle poétique. L’évocation d’un poète méconnu, le récit d’une légende sibérienne, une réflexion auteur du mot « taïga », une histoire de famille, tout est sublimé par le style de l’auteur. Le rythme des phrases comme le choix minutieux de chaque mot concourent à séduire le lecteur. Ce sont des textes à lire à voix haute, capables de charmer l’oreille autant que l’esprit.

 Le monde sans vous, Sylvie Germain, 2011.

 

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