Peu de temps après sa parution, ce roman a mis en émoi la blogosphère. Il a suscité des avis tranchés et alimenté moult commentaires, et parfois même ceux de l’auteur. Toute cette agitation m’a poussée à découvrir l’objet de ces débats passionnés.

A l’occasion des grandes vacances, Catherine et Angélique venaient, chaque année, séjourner chez leurs grands-parents. Ces petites citadines profitaient du grand air. Elles prenaient aussi grand plaisir à nouer des amitiés aussi passagères qu’intenses avec les enfants du cru. Tous ces souvenirs, Catherine les a enfouis profondément dans sa mémoire. Et voici qu’ils l’assaillent de nouveau quand, à la mort de ses grands-parents, elle se charge, avec sa sœur, de débarrasser leur maison. Elle aimerait se confier, raconter ce qui, lors du dernier été passé à la campagne, a donné un sens imprévu à sa vie. Elle prépare cette confession en se remémorant l’enchaînement des événements.

Dans ce récit qui alterne entre présent et souvenirs, ni les lieux communs ni l’évocation nostalgique de l’adolescence ne nous sont épargnés. Le portrait de la femme blessée, seule et solitaire, incomprise par ses proches, est somme toute peu original. Mais l’évocation du temps présent reste plus agréable à lire que celle d’un soi-disant âge d’or adolescent. Les références musicales ou vestimentaires abondent, comme si elles faisaient partie d’éléments incontournables qui auraient marqué à jamais les esprits. J’avoue ne pas comprendre le gâtisme dont font preuve certains trentenaires dès lors qu’on évoque les magazines qu’ils ont feuilletés jadis ou les musiques sur lesquelles ils se sont trémoussés. L’avalanche de références m’a davantage agacée qu’elle ne m’a plongée dans les affres de la nostalgie. Cet aspect du roman a pourtant plu à nombre de lectrices. Je comprends mieux celles qui s’en sont gaussées. Quant au ressort dramatique de l’intrigue, exposé à grands frais en quatrième de couverture, il ne m’a ni étonnée ni bouleversée. Rien ne m’a vraiment touchée au cours de cette lecture, si ce n’est la relation entre les grands-parents et leurs petites filles, cette complicité maladroite qui renaît chaque été, et reprend sur le même mode que l’année précédente, comme si les mois écoulés depuis le dernier séjour n’étaient que quelques heures ou jours. Le Grand Meaulnes, que l’héroïne peine à lire l’été de ses seize ans, m’avait bien plus enchantée. Et il est fort probable que j’y remette le nez d’ici peu.

 Le premier été, Anne Percin, 2011.

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