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Camarades au collège, Sakutaro et Aki apprennent à se connaître, deviennent complices. Et c’est presque naturellement qu’ils finissent par tomber amoureux. Ils partagent les préoccupations des adolescents de leur âge – examens d’entrée à l’université, exploration des possibilités de leur relation – jusqu’à ce que la maladie frappe Aki. Ils ont beau espérer, la leucémie finit par emporter la jeune fille, laissant Sakutaro dévasté par le chagrin.

Une fois encore, l’acquisition de ce roman a été mue par les critiques élogieuses de diverses blogueuses. J’entamai donc cette lecture emplie d’une foule d’espérances. Les premiers chapitres ont su éveiller curiosité et empathie. La mise en place de l’intrigue, qui se construit entre évocation du passé, avec l’éclosion des sentiments, et retour dans un présent marqué par la peine de Sakutaro, est menée avec finesse. Le lecteur est enlevé dans un tourbillon d’émotions. Puis l’attrait de la nouveauté s’émousse, et on finit par s’ennuyer un peu, le propos se faisant un tantinet redondant. Arrivée à la moitié du roman, lassée, je souhaitai en voir arriver la fin, qui m’a d’ailleurs un peu déçue. Trop de pathos et de bons sentiments sont, à mon goût, assemblés ici. La quatrième de couverture évoque un roman « puissant et pudique à la fois », mais ces adjectifs ne me paraissent guère adaptés. Un amour de jeunesse contrarié, voilà qui n’est pas follement original, et encore moins puissant. Quant à la pudeur, elle semble malmenée par le narrateur qui étale largement ses émotions, joyeuses comme désespérées. Finalement, le personnage du grand-père m’a paru beaucoup plus touchant que celui du héros. Il se révèle bien plus retenu et pudique, plus audacieux aussi, que son petit-fils.

Une lecture un tant soit peu décevante, donc, mais comme souvent avec ces œuvres gorgées de bons sentiments qui mettent en émoi les cœurs des lectrices fleurs bleues ou un brin midinettes.

Un cri d’amour au centre du monde, Kyoichi Katayama, 2001.

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