En flânant à la bibliothèque, ce petit opuscule a attiré mon attention. De Stevenson me reste en mémoire la jubilation éprouvée à la lecture de L’île au trésor, étudié en classe de 6e et maintes fois relu depuis, puis la fascination suscitée par L’étrange cas du Dr Jekyll et M. Hyde. Il n’en fallait guère plus pour me décider.

A Londres où il séjourne, le jeune prince Florizel a tendance à s’ennuyer. Il lui est régulièrement nécessaire, pour se fouetter le sang, d’explorer nuitamment la ville et ses quartiers interlopes, sous couvert des déguisements imaginés par son fidèle compagnon, le colonel Geraldine. Au hasard d’une de ces expéditions, les deux hommes sont invités, dans d’extravagantes circonstances, à faire leur entrée au Club du suicide. L’entreprise consiste, grâce à un jeu de cartes, à désigner une victime consentante et son meurtrier. Choqué par de telles pratiques, et malencontreusement amené à briser sa parole, le prince Florizel se donne pour objectifs de faire cesser ces pratiques et de châtier le responsable. L’entreprise se révèle plus périlleuse que prévu, conduisant le prince et le colonel Geraldine à se rendre en France ou à louer, pour une soirée, une maison.

En un peu plus de cent pages, Stevenson réussit à créer une atmosphère aventureuse et à rendre sympathiques ses personnages. Quelques phrases lui suffisent pour appâter définitivement son lecteur. J’ai retrouvé, au cours de cette lecture, l’enthousiasme éprouvé lors de ma découverte de L’île au trésor. Derrière un apparent sérieux, l’ironie pointe à chaque phrase. Les multiples péripéties insufflent un rythme soutenu à l’intrigue, sans que la vraisemblance en soit trop égratignée. Les personnages secondaires, et en particulier les vilains, sont caricaturés juste ce qu’il faut pour colorer le récit.
Un régal, à dévorer sans complexe.

Le Club du suicide (extrait des Nouvelles mille et une nuits, Robert Louis Stevenson, 1882.

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