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Pour entamer le défi des « 12 d’Ys », j’ai pioché dans ma PAL où patientait ce roman reçu lors d’un swap. Voici donc, le 12/01/12 à 12 h 01, le premier billet de la série.

A treize ans, Briony décide qu’elle veut être écrivain. Pour fêter le retour de son frère, elle se lance dans la mise en scène d’une pièce écrite pour l’occasion. Immergée dans un univers tout personnel, où chaque détail semble propice à exercer sa plume, Briony perçoit, au travers de ce prisme déformant, les préoccupations des adultes. Elle sent qu’un lien naissant existe entre sa sœur, Cecilia, et le fils de la femme de charge, Robbie. Ses obsessions littéraires, attisées par l’influence d’une cousine de passage, la font se méprendre quand elle surprend les amoureux. Candide et pourtant d’une assurance inébranlable, l’adolescente provoque une tragédie familiale. Cinq ans sont nécessaires, pour que, en pleine Seconde Guerre mondiale, Briony trouve le courage d’affronter ceux dont elle a fait basculer la vie.

Qu’il est difficile non seulement de résumer l’intrigue de ce roman sans trop en dire, mais encore d’en faire une présentation à la hauteur de ses qualités. Je n’étais à vrai dire pas vraiment convaincue en m’attelant à cette lecture. La première partie s’ouvre plaisamment, sans livrer de véritable surprise. On découvre une atmosphère rappelant celle des romans du XIXe siècle, en compagnie d’une famille aisée, où chacun vit au rythme de ses petits problèmes. Et plus on avance, plus le personnage de Briony, de prime abord attachant, se révèle irritant. Ses certitudes, d’une arrogance toute enfantine, font envisager rapidement le drame, que l’auteur prend tout son temps à révéler. Sans dire qu’on s’ennuie, le temps est un peu long pour arriver à ce tournant de l’intrigue. Puis vient la deuxième partie, qui nous propulse sur les routes de la débandade du printemps 1940. Le ton est plus grave, moins pompeux. Et l’auteur est parvenu ainsi à m’accrocher à nouveau, pour ne plus me perdre jusqu’au dénouement de la troisième partie et à l’épilogue, majestueux.

Le ton, de même que le style et le point de vue, varient au gré du récit. Après un démarrage un brin trop éthéré à mon goût, la plongée dans la guerre et les transformations qu’elle entraîne chez des personnages, devenus plus complexes, confèrent une plus grande profondeur au récit. L’Histoire devient plus qu’un décor. Elle révèle tout autant les qualités que les faiblesses des individus qui sont confrontés à ses soubresauts. Il semble impossible d’être toujours maître de son destin. Un accident, qu’il se produise dans le cercle familial ou à l’échelle des nations, peut ôter à chacun la capacité de vivre sa vie selon sa volonté. Quant aux personnages de roman, ils sont à la merci de l’auteur, ainsi que le rappelle avec talent l’épilogue.

Une très belle entrée en matière pour ce défi, dans la catégorie « auteur en Mc ». Le roman a été adapté à l’écran, mais il est peu probable que je visionne le film car Keira Knightley y joue le rôle de Cecila , et cette actrice m’insupporte au plus haut point.

Expiation, Ian McEwan, 2001.