Assaillie par une subite fringale d’Agatha Christie, je me suis sustentée d’un Christmas Pudding, nouvelle mettant en scène l’inégalable Hercule Poirot. Dans cette courte aventure, le détective belge est sollicité par un sbire du gouvernement pour retrouver le rubis qu’un prince oriental s’est maladroitement fait dérober. Il s’agit pour Poirot de séjourner, pendant les fêtes de Noël, dans un manoir anglais où on soupçonne le voleur de se trouver. L’attrait du chauffage central installé dans le manoir décide plus sérieusement Poirot à se pencher sur cette affaire que la perspective de passer un Noël anglais traditionnel.

Cette nouvelle associe le plaisir de retrouver un Poirot un brin grincheux, mais toujours aussi résolu à éclaircir les mystères, et celui de découvrir les us et coutumes de nos voisins anglais. Elle m’a cependant semblé bien pâle en regard de ce qu’en ont fait les adaptateurs de la série télévisée, où Hercule Poirot est incarné par David Suchet. Après un nouveau visionnage de l’épisode, on s’aperçoit en effet que non seulement l’intrigue est étoffée, mais que les personnages gagnent en profondeur. L’introduction est davantage soignée que dans la nouvelle, avec le passage de Poirot chez un chocolatier. Le colonel Lacey, l’hôte du détective, ne se contente pas d’être un homme bougon qui a pris en grippe le petit ami de sa petite-fille. Il est aussi un amateur d’égyptologie aux abois. Il fait appel, pour renflouer les caisses, à David Welwyn, spécialiste en antiquités et non plus seulement vieil ami de la famille. Enfin, le personnage du prince imprudent est largement approfondi. Il a désormais un nom, et le contexte politique vient s’ajouter au simple appât du gain qui est le mobile du vol dans la nouvelle. On peut néanmoins regretter que la neige, présente dans le texte d’Agatha Christie, ait disparu dans l’adaptation.

Si l’œuvre initiale est déjà fort agréable à lire, elle est fortement enrichie par son adaptation, sans être dénaturée. Cette double lecture de Christmas Pudding permet de souligner, si cela était encore nécessaire, la qualité de la série télévisée, où David Suchet est un formidable Hercule Poirot.

Je ne résiste pas à la tentation de vous présenter, en guise de clin d’œil, un petit présent qui m’a été fait : une bière aux couleurs de mon héros, la Hercule Stout. N’ayant pas encore osé la goûter, je ne pourrai livrer mes impressions quant à sa qualité. J’ai, en revanche, été d’emblée séduite par cette drôle d’initiative.

Christmas Pudding, Agatha Christie, .

« The Theft of The Royal Ruby », Agatha Christie’s Poirot,  saison 3, épisode 9.

Un billet qui entre évidemment dans le challenge Agatha Christie.

Publicités