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Le professeur est le nouvel employeur de la narratrice, une aide ménagère capable de s’adapter à tous les caprices. C’est la raison pour laquelle elle a été choisie pour ce poste : le professeur est un client difficile. Pour ce mathématicien, la vie s’est arrêtée en 1975. A la suite d’un accident, sa mémoire s’est trouvée limitée à quatre-vingts minutes. Au-delà, il lui faut sans cesse tout réapprendre. Pour éviter d’oublier des informations importantes, il épingle sur sa veste une foule de notes censées pallier ses déficiences. Le professeur et sa nouvelle aide ménagère s’apprivoisent mutuellement. Même le fils de la narratrice, surnommé Root par le professeur, finit par trouver sa place dans le tableau. Une certaine routine, puis de l’affection, apparaissent, jusqu’à oublier les règles fixées par la belle-sœur du professeur, le véritable employeur.

Une fois encore, Yoko Ogawa invite son lecteur dans un univers où se mêlent avec succès pesanteurs de la réalité et bizarreries poétiques. Les personnages, pourtant si différents, construisent patiemment une entente d’une fragilité émouvante. Ils courent après le temps pour profiter des moments passés ensemble. Et ils jonglent avec les chiffres d’une manière si naturelle, grâce au professeur, que les mathématiques elles-mêmes en deviennent séduisantes. Un élément cependant rompt, à mes yeux, le charme, c’est l’omniprésence du base-ball. Ce sport facilite la relation entre les personnages principaux, redonne en quelque sorte vie au professeur. Mais les descriptions et les récits des matchs, qu’ils soient retransmis à la radio ou se déroulent sous les yeux des protagonistes, sont particulièrement fastidieux pour un lecteur non averti. Difficile de dire si l’évocation d’un autre sport aurait été plus aisée à suivre, ou si ces passages étaient simplement trop longs. Ce qui est certain, c’est qu’ils ont assombri une lecture qui rassemblait néanmoins tous les ingrédients pour me plaire.

La formule préférée du professeur, Yoko Ogawa, 2003.

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