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Tsukiko est une jeune femme d’une trentaine d’années qui aime, le soir après le travail, s’arrêter dans un bar proche de la gare. Elle y croisse un de ses anciens professeurs de lycée. La conversation se noue autour des verres de saké et des divers plats qui les accompagnent. Les rencontres se multiplient, d’abord par hasard, puis pour des sorties, au marché, en montagne pour cueillir des champignons, au musée. Tsukiko et celui qu’elle nomme « le professeur » se rapprochent, et la vie de Tsukiko prend un tour qu’elle n’aurait pu imaginer.

Chaque rencontre est l’objet d’une histoire. Ces petites intrigues se juxtaposent, n’ayant comme point commun que les personnages et l’évolution de leurs relations. Ces tranches de vie pourraient presque se lire de manière indépendante, comme des nouvelles. Elles ouvrent une fenêtre sur la civilisation japonaise, que l’on aperçoit dans les habitudes des personnages, en particulier culinaires. La rencontre entre deux personnes de générations différentes permet de faire se côtoyer les traditions nippones, mises en avant par le maître, et l’influence occidentale, amenée par Kojima, ancien camarade de classe de Tsukiko. Tout est délicatesse dans ce roman, les descriptions de paysages comme l’évocation des sentiments, mais aussi le style de l’auteur. On se laisse submerger par cette douceur, glissant d’une histoire à l’autre. On savoure ces petits moments de bonheur.

Ce roman a été adapté sous la forme d’un manga par Jirô Taniguchi, en deux volumes, dont le dernier vient de paraître. Grâce aux dessins poétiques et épurés de Taniguchi, l’atmosphère du roman est rendue à merveille. Le ton comme le propos du roman sont fidèlement respectés. Ont été ajoutés, en fin du second volume, une histoire qui reprend un texte postérieur au roman, où Hiromi Kawakami évoque l’enfance de Tsukiko. Un petit bonus fort plaisant.

Les années douces, Hiromi Kawakami, 2001.

Les années douces, Jirô Taniguchi, 2010 (tome 1) – 2011 (tome2).

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