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Octobre 1774. La cour porte encore le deuil de Louis XV. Les bouleversements de fin de règne ont eu lieu. Gabriel de Sartine, nommé à la tête du secrétariat d’Etat à la Marine, a quitté la lieutenance générale de police. Et Nicolas Le Floch, son protégé, semble boudé par son successeur M. Le Noir. Il profite de ce répit pour s’occuper du fils adolescent qu’il vient de se découvrir, et pour paraître à la cour en tant que marquis de Ranreuil. Son oisive routine est brisée quand le duc de la Vrillière, ministre de la Maison du Roi, le fait mander. Une femme de chambre égorgée. Un maître d’hôtel blessé et estourbi. Tel est le spectacle découvert au petit matin dans les cuisines de l’hôtel Saint-Florentin. Les affaires reprennent pour Nicolas Le Floch. Secondé par Bourdeau, conseillé par Semacgus, il parcourt la capitale en tous sens pour élucider le mystère, tout en cherchant à mettre la main sur deux jeunes Bruxelloises disparues en plein Paris et en rendant quelques services à Versailles.

Cette cinquième enquête du commissaire Le Floch ne manque ni de panache ni de profondeur. Jean-François Parot continue, d’une plume toujours aussi savoureuse, d’enrichir les connaissances historiques de ses lecteurs, témoins des évolutions de Paris et de la cour en ce début de règne. La cuisine est moins présente que dans les épisodes précédents, mais les pérégrinations du héros permettent de découvrir les abords agricoles de la capitale, les arcanes de son ravitaillement. Les personnages récurrents s’étoffent, vieillissent et, pour certains, s’assagissent. Derrière les intrigues de cour, qui font partie des incontournables des romans de la série, se dessinent de plus en plus nettement les contours de la société. Une des particularités de ce cinquième opus réside, pour le plus grand plaisir du lecteur, dans la plongée au cœur des mœurs et des secrets ancillaires des grandes maisons. Une fois encore, on passe un excellent moment en compagnie de Nicolas Le Floch auquel l’âge et l’expérience donnent davantage d’assurance, sans pourtant lui ôter la spontanéité qui le conduit souvent dans les situations les plus périlleuses.

Le crime de l’hôtel Saint-Florentin, Jean-François Parot, 2004.

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