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Sur la rive droite du Grand Canal, à deux pas de la place Saint Marc, se dresse la Ca’ Dario. Bâti au XVe siècle, ce palais s’est vu attacher une sombre réputation. Nombre de ses propriétaires sont, depuis des siècles, victimes d’un revers de fortune ou passent de vie à trépas, peu de temps après l’acquisition des lieux. La longue liste débute avec Giovanni Dario, à l’origine de sa construction. Elle se poursuit jusqu’au XXe siècle, et est suffisamment longue pour avoir découragé Woody Allen d’acquérir la Ca’ Dario.

L’auteur entreprend ici le récit des malheurs liés au palais, s’appuyant sur les documents d’archives, comme sur des textes littéraires ou ses propres impressions. Il s’efforce de préciser le contexte de la construction, comme celui des différents drames qui se sont joués dans le palais. Ainsi est rappelée l’influence des Templiers et des différentes sociétés secrètes qui, du Moyen Age à l’aube de l’époque contemporaine, ont été particulièrement actives à Venise. L’auteur fait aussi référence aux multiples ramifications de la mafia, qui se sont développées jusqu’à la Ca’ Dario, et à la lutte menée contre elle par le gouvernement italien. Jamais le récit ne prend le tour d’une enquête. Il ne s’agit pas d’élucider les crimes qui ont pu être commis dans le palais, mais plutôt d’établir leur chronologie et leurs circonstances. Agrémenté de quelques photographies et gravures (ainsi que d’une chronologie comparée de l’histoire vénitienne et de celle du palais), le texte se lit aisément. Il s’adresse aux amoureux de la Sérénissime, comme à ceux qui souhaitent la découvrir.

Pour continuer à assouvir ma passion vouée à Venise, et dans un esprit de découverte de la petite histoire, je picore par ailleurs le guide, original et plutôt bien documenté, Venise insolite et secrète, où il est évidemment question de la Ca’Dario.

Merci à Estelle Calim, grâce à laquelle Ca’ Dario est entré dans ma PAL.

Ca’ Dario, La malédiction d’un palais vénitien, Jean-Paul Bourre, 2011.

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