Désirée vient de perdre son mari. A un peu plus de trente ans, la voici donc veuve et légèrement désorientée. Même si sa vie d’épouse n’était pas la panacée, elle avait le mérite d’avoir un sens. Se rendant régulièrement sur la tombe du défunt Örjan, elle s’interroge sur l’agitation qui règne sur la sépulture voisine. Un jeune homme s’entête à y faire du jardinage intensif. A cause d’un malentendu, les deux jeunes gens tombent amoureux. Quelle que soit la force de la passion qui les unit, ils doivent rapidement se rendre à l’évidence que leurs quotidiens autant que leurs centres d’intérêt sont difficilement compatibles.

Ce roman a été encensé par la critique comme dans la blogosphère. Deux occasions m’ont amenée à y regarder d’un peu plus près : une trouvaille sur un vide grenier, qui a projeté le roman sur ma PAL, puis une lecture commune prévue pour ce jour. Au terme de cette lecture, c’est la déception qui l’emporte. Car il ne s’agit finalement que d’une de ces histoires d’amours contrariées comme on en a déjà beaucoup lu. Le schéma de l’intrigue est un brin caricatural, mettant en scène deux personnages que tout oppose, et qui pourtant s’évertuent à faire brûler la flamme de leur passion. Aucun poncif n’est épargné, ni les a priori sur la dichotomie ville / campagne ou sur l’impossibilité de réconcilier intellectuels et manuels, ni les critiques des proches du couple, ni même la gentille-et-pourtant-malheureuse copine de l’héroïne. Au risque de faire pousser les hauts cris aux défenseurs de ce roman devenu une référence, je me suis profondément ennuyée. Afin de venir à bout de ce pensum amoureux, j’ai essayé de me persuader que l’on pouvait trouver un discours plus construit derrière ce galimatias de bons sentiments. Et si, au bout du compte, ce roman était une satire de la société contemporaine ? L’auteur tire en effet à boulet rouge sur les pseudos intellectuels bien pensants, les écolos tendance bobo (incarné par le défunt mari), les préjugés des ruraux sur les citadines, le poids des conventions sociales qui rendent infiniment plus compliquées les relations humaines. Tout cela est exprimé sur un mode humoristique, mais ne serait-ce pas de ses lecteurs amateurs de bluettes un peu fadasses dont se gausse Katarina Mazetti ? En imaginant ainsi que ce texte pouvait se lire au second degré, je suis venue à bout de sa lecture. Difficile cependant de savoir si j’aurai le courage de m’attaquer aux Larmes de Tarzan qui prennent la poussière dans ma PAL depuis le même vide grenier.

Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti, 1998.

Une lecture qui s’inscrit dans le challenge Scandinavie blanche, organisé par Prune.

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