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« Cinq nouvelles de musique au crépuscule » est le sous-titre, explicite, de ce recueil. Le premier texte, intitulé « Crooner » met en scène un jeune guitariste qui, alors qu’il joue à la terrasse du Caffè Lavena, sur la place Saint-Marc, rencontre un chanteur autrefois adulé par sa mère. Le crooner vieillissant lui propose de jouer, le soir même, une sérénade à son épouse, en se gardant de révéler qu’il s’agit d’une occasion bien particulière. Vient ensuite « Advienne que pourra« , où un couple de Britannique reçoit un vieil ami exilé en Espagne. Si leurs relations ont été chaleureuses et agréables, Charlie s’aperçoit rapidement que ses hôtes ne sont guère d’humeur à l’accueillir. Dans « Les collines de Malvern« , le héros, musicien qui peine à se faire un nom, quitte Londres pour se rendre chez sa sœur qui tient un café dans une région touristique. Alors qu’il s’efforce de composer dans les collines, il fait une rencontre étonnante. « Nocturne » est bâti autour de la relation, aussi brève qu’intense, qui se tisse entre un saxophoniste et l’ex-épouse d’un chanteur lors d’une convalescence dans un palace hollywoodien. Enfin, on retourne à Venise avec « Violoncellistes« , une nouvelle guidée par l’apprentissage d’un jeune musicien auprès d’une femme qui se prétend virtuose.

La musique est bel et bien le cœur de ces textes, mais elle n’y est pas seule. L’auteur décrit, avec délicatesse, le rôle qu’elle peut jouer dans les relations humaines, tantôt exacerbant les sentiments, tantôt les adoucissant. Elle ne présente pas un visage unique. Les instruments sont différents, le chant parfois présent, les styles variés. Et toujours la musique apparaît comme porteuse d’espoir, comme un rempart face au désenchantement. De cet ouvrage, il est difficile de rendre compte avec justesse. On ne peut qu’encourager à s’y plonger pour goûter à la fois la plume de son auteur et la beauté des textes.

Nocturnes, Kazuo Ishiguro, 2009.

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