A la mort de son oncle Ambrose, Annie Laurance hérite de sa librairie. La boutique, baptisée Crimes à la demande, est spécialisée dans la littérature policière. Annie n’hésite guère à abandonner les balbutiements d’une carrière d’actrice pour reprendre la librairie, pourtant située sur une île résidentielle au large de la Caroline du Sud. Mettant à profit la présence de nombreux auteurs sur l’île, elle crée les Habitués du dimanche, une causerie littéraire. Quand Elliot Morgan est assassiné au cours d’une de ces réunions, Annie est mise en cause. Elle n’entend pas se laisser abuser et, avec l’aide d’un ancien fiancé, Max, elle décide de se servir de ses connaissances littéraires pour mener l’enquête de son côté.

La curiosité suscitée par le titre autant que ma sympathie pour l’éditeur français du roman (Liana Levi) m’ont poussée à entreprendre cette lecture. Et ce fut plutôt une bonne expérience. L’entrée dans l’intrigue est assez aisée car le personnage principal est sympathique et les références à la littérature policière nombreuses (un carnet à portée de la main peut s’avérer nécessaire pour noter des idées de lecture). L’atmosphère insulaire est bien exploitée : elle donne l’impression d’un cocon protecteur autour de ces écrivains, mais permet aussi de créer une sorte de huis clos propice à la montée du suspense. L’intrigue est assez bien ficelée, même si certains passages sont un peu longuets. Ce qui pêche sans doute le plus est le style, un peu simpliste et parfois faussement désinvolte. Mais il est difficile de mesurer quelle part de la plume de l’auteur a subsisté dans la traduction. Un détail, dès les premières pages, m’a en effet chagrinée : les clients de Crimes à la demande boivent leur café dans des « chopes », ce qui semble être une traduction maladroite de « mug ». Il est donc fort à craindre que les maladresses qui m’ont régulièrement titillée dans cette lecture ne sont pas nécessairement présentes dans le texte original. Annie Laurance étant une héroïne récurrente de Carolyn G. Hart, je poursuivrai la découverte de ses aventures, mais vraisemblablement en version originale (d’autant plus que l’ensemble de la série n’a pas encore été traduite en français).

Meurtre en librairie, Carolyn G. Hart, 1987.

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