Isabel mène une vie que beaucoup pourraient lui envier. Philosophe, directrice de sa propre revue, elle jouit d’une certaine aisance, ce qui lui permet de concilier, sans trop de difficultés, carrière et maternité. Tout n’est cependant pas aussi simple qu’il y paraît. Avec le louable dessein d’aider son prochain, Isabel a le don de se placer dans des situations inconfortables. Ainsi, quand elle décide de répondre à l’appel d’une femme dont le mari, éminent médecin, est accusé d’avoir menti sur les effets d’un médicament. Renseignements pris, l’homme n’est peut-être pas aussi inattaquable qu’il le semble. Le quotidien se complique encore avec l’arrivée du compositeur Nick Smart : Isabel se persuade qu’il cherche à l’éloigner de son compagnon, Jamie. La tranquillité des samedis ne semble plus qu’un souvenir.

D’Alexander McCall Smith, j’avais lu 44 Scotland Street, sans être vraiment séduite par le style ou par l’histoire, trop fouillis à mon goût. Pourtant, en croisant ce titre en bibliothèque, j’ai choisi de donner une nouvelle chance à cet auteur. Et ce fut une heureuse surprise que ce roman. Loin des impératifs du roman-feuilleton, qui nécessite de ménager un suspens permanent ou qui s’adapte aux réactions du lectorat, McCall Smith livre ici une intrigue construite avec soin. Foin des accumulations de péripéties et des personnages trop atypiques pour être réels. On se glisse dans un récit où les faits se dévoilent lentement, laissant le temps de décrire la ville d’Edimbourg et les réflexions des protagonistes. Il ne faut pas s’attendre à un rythme haletant, car il s’agit ici d’une manière d’éloge de la lenteur, de la capacité à prendre du recul pour profiter du temps présent. Le personnage d’Isabel est attachant. Sa formation de philosophe lui fait porter sur ce, et ceux, qui l’entourent un regard bienveillant mais toujours critique. On réfléchit plus qu’on agit dans ce roman. Et c’est sans doute ce qui m’a le plus charmée, en plus des quelques références érudites à la philosophie ou à la musique. Passionnés d’intrigues menées tambour battant, passez votre chemin. La douce tranquillité des samedis s’adresse à ceux qui aiment entrer dans le week-end en compagnie d’un bon roman, et une tasse de thé à portée de la main.

La douce tranquillité des samedis, Alexander McCall Smith, 2008.

Publicités