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Capitale de l’Allemagne réunifiée, marquée par une histoire douloureuse, Berlin est aujourd’hui une ville étonnante qui n’en finit pas de se transformer. En huit chapitres, Hélène Kohl s’emploie à dresser un double portrait, celui de la ville et de ses habitantes. A mi-chemin entre l’étude sociologique et le guide touristique, cet ouvrage se veut le reflet d’une époque. Célébrée comme le royaume de la fête, accueillant chaque week-end des milliers d’Européens en quête d’insouciance et d’expériences, Berlin est aussi un creuset artistique novateur. Arpentant chacun de ses quartiers, des plus chics comme celui de Mitte aux moins touristiques tel Neukölln à la population majoritairement immigrée, l’auteur s’efforce de présenter la ville sous tous ses aspects. De la mode à la cuisine, en passant par les habitudes du quotidien ou les enjeux de la maternité dans un pays à la démographie en panne, elle passe en revue une grande variété de thèmes, souvent avec subtilité et souci de réalisme.

Il a suffi d’un récent séjour pour que j’ai le coup de foudre pour Berlin, et connaissant la série des guides des Pintades (le volume sur New York, et surtout celui sur Téhéran, révèlent des univers méconnus), je n’ai pas longtemps hésité à être candidate pour ce partenariat. Les premières pages, consacrées aux mille façons de faire la fête, ne m’ont guère emballée. Très vite cependant l’irruption du quotidien, la plongée dans les souvenirs pesants des pintades locales ont su me convaincre. Le ton est le plus souvent léger et enlevé. L’auteur aborde les aspects futiles de la vie de toute pintade (les bons plans mode, les cafés où il fait bon se reposer et ceux très en vogue…), mais elle sait aussi évoquer, avec beaucoup de retenue, le lourd passé de la RDA (les témoignages d’une sportive et de victimes de la Stasi sont particulièrement poignants) et l’Ostalgie (la nostalgie de l’Allemagne de l’Est). Elle parvient même à présenter ce qui relève du cliché concernant Berlin (la curry Wurst, la Fernsehturm ou l’omniprésence des bicyclettes par exemple) sans que cela soit pesant. La multiplication des anecdotes ajoute de la vivacité au texte. Au travers de cette lecture, j’ai retrouvé le Berlin que j’avais découvert, son ambiance aussi bien que certaines adresses. Et cela n’a pas manqué de susciter l’envie d’y retourner pour approfondir, grâce aux conseils d’Hélène Kohl, de nouveaux lieux.

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Livraddict pour ce partenariat.

Une vie de Pintade à Berlin, Hélène Kohl, 2011.

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