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Novembre 1967, à Stockholm. L’attention de la police est monopolisée par les manifestations pacifistes qui sèment le trouble dans la capitale suédoise. Jusqu’à ce qu’un crime sans précédent soit commis. Les huit passagers d’un autobus, ainsi que son chauffeur, sont criblés de balles. Parmi les victimes se trouve un inspecteur proche du commissaire Martin Beck. Ce dernier, secondé par toute son équipe, met les bouchées doubles pour élucider une affaire aux multiples zones d’ombre, à commencer par la présence de l’inspecteur Stenström dans ce bus.

Quel plaisir de se glisser de nouveau dans les pas de Martin Beck, découvert dans l’Homme qui partit en fumée. La vie familiale du commissaire ne s’est guère améliorée, en particulier ses relations avec son épouse. Il ne fait toujours preuve d’un grand optimisme, et porte un regard désabusé sur son époque, où les stigmates de la société de consommation sont de plus en plus visibles. Sa patience, et surtout sa capacité à stimuler les inspecteurs qui l’entourent, sont intactes. Là réside d’ailleurs la particularité de cette enquête : Martin Beck joue essentiellement un rôle de chef d’orchestre. La résolution de ce crime inédit en Suède est le résultat d’un travail d’équipe, de la somme des intuitions et de la persévérance de ces hommes attentifs aux remarques de leur supérieur. Ce choix permet également aux auteurs de suivre plusieurs pistes en parallèle, sans que le lecteur ait l’impression de se perdre, ou d’être faussement égaré pour ménager un suspens artificiel. Il évite aussi les révélations qui tombent d’on ne sait où, les fulgurances policières qui rendent bien des romans invraisemblables. En revanche, ces différentes directions prises par l’enquête sont autant d’entrées dans une lecture de la société suédoise d’alors. La place des étrangers, l’opposition entre la vie à Stockholm et celle des petites villes plus reculées, la soif de réussite sociale sont autant d’aspects abordés aux détours de l’intrigue. L’ensemble est servi par un style d’une remarquable sobriété. Une fois encore le charme a opéré. Une adaptation cinématographique du roman a été réalisée en 1973, mais semble peu aisée à trouver.

Une lecture commune effectuée avec A propos de livres, dans le cadre du Swap à 2 PAL, dont la révélation est imminente.

Le policier qui rit, Maj Sjöwall et Per Wahlöö, 1968.

Et une deuxième lecture sudéoise pour le défi Scandinavie noire de Prune.

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