Sarah a quitté sa famille et son pays pour s’envoler vers le Japon. Elle a pris ses quartiers dans une station balnéaire réputée pour ses falaises, et pour le nombre de personnes qui viennent y mettre fin à leurs jours. C’est là qu’a séjourné son frère, son presque jumeau, Nathan. Recueilli, comme bien d’autres, par Natsume Dombori, il avait repris les forces nécessaires pour achever son roman. Et puis il y eut l’accident. Anéantie par le décès de Nathan, Sarah se noit dans un chagrin qui emporte les dernières illusions sur son bonheur chimérique. En marchant dans les traces de son frère, elle s’efforce de comprendre comment la vie est parvenue à les séparer, de croiser le chemin de ceux qui l’ont connu dans ses derniers mois, de retrouver une tranquilité d’esprit et un battement de cœur régulier.

Après avoir découvert la plume d’Olivier Adam avec Kyoto Limited Express, l’envie était grande de prolonger le plaisir. Et comme ma chère Sandrine était parvenue à me mettre l’eau à la bouche, en soulignant que l’intrigue de Le cœur régulier se déroulait au Japon, je n’ai guère hésité. Et la lecture s’est révélée à la hauteur de mes espérances. Olivier Adam parvient à décrire avec une sensibilité égale les sentiments de ses personnages et les paysages qui les entourent. Sa capacité à exprimer les impressions, les angoisses de son héroïne est admirable. Il rend avec justesse le regard féminin qu’elle porte sur les événements, sur les personnes qu’elle côtoie, et plus encore sur les lieux qu’elle fréquente. On goûte avec délectation les descriptions des temples, de la sérénité qui s’en dégage. Il est heureux que le style de l’auteur soit à ce point agréable, car l’amertume des personnages ou, plus largement, du regard qu’ils portent sur la vie et la société contemporaine, est parfois douloureuse. Mais le désespoir ne l’emporte jamais. A l’image de Natsume Dombori, qui vient poser sa main sur l’épaule des candidats au suicide et leur offre un asile pour se reconstruire, dans chaque page se glisse un détail à même d’éveiller une pointe d’optimisme.

Le cœur régulier, Olivier Adam, 2010.

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