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Simon Steiner, le narrateur, est de retour à Kyoto. Il déambule dans la ville à la recherche de lieux, d’images, d’impressions qu’il a partagés jadis avec sa femme et sa fille. Jour après jour, il arpente les rues, les parcs et les alentours, seul ou en compagnie d’Hiromi, une amie japonaise. Ce sont les traces du séjour passé, et d’un bonheur à jamais révolu, qu’il tente de ressusciter. Sa fille s’en est allée et sa femme s’est éloignée, mais Kyoto reste la même. Il prend plaisir à ses promenades qui sont le prétexte à des descriptions de la ville et de ses habitants.

Le texte d’Olivier Adam est à la fois mélancolique et apaisant. Il parvient à rendre presque familiers des lieux a priori exotiques pour le lecteur occidental. Chaque portrait, chaque promenade est sujet à une immersion dans un Kyoto aussi étranger qu’attirant. Et ce qui fait de cet ouvrage un petit bijou est l’association du récit et des photographies d’Arnaud Auzouy. Elles ne jouent pas seulement un rôle d’illustration. Un dialogue entre le texte et les images s’instaure. Il est manifeste que l’auteur s’est nourri des photographies pour construire certaines parties du récit. Le lecteur se laisse aller à une forme de promenade littéraire, au gré de ces pages qui alternent parfaitement texte (à gauche) et image (à droite). Ce livre finalement très (trop) court réussit là où bien d’autres ont échoué, en raison d’un élégant équilibre entre les deux éléments qui le composent. La même poésie se dégage de chacun d’entre eux. A peine ce livre fermé, on a envie de l’ouvrir à nouveau pour recommencer la promenade. Et l’intrigue importe peu, malgré la sympathie que peut susciter le narrateur, dont la vie ne semble retrouver de sens que dans les rues de Kyoto.

Une très belle lecture commune avec A propos de livres, achille49Anne, Nymphette.

Kyoto Limited Express, Olivier Adam & Arnaud Auzouy, 2010.

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