Des histoires d’amour, qui finissent plus ou moins bien. Des incursions dans l’histoire de France, plus ou moins glorieuses. Des escapades au bout du monde. Les quatorze nouvelles de ce recueil, qui porte le titre de la première d’entre elles, offrent des décors d’une grande variété. Pourtant, leur propos rappelle, presque toujours, l’adage « l’argent ne fait pas le bonheur ». La majorité des protagonistes appartient à une catégorie aisée de la société : avocat d’affaires dans « Vendanges tardives », reporter de guerre dans « Sex toys », homme d’affaires dans « K.-O. debout », par exemple. Malgré le confort de leur quotidien, la vie leur réserve des surprises, souvent mauvaises, à quelques rares exceptions. C’est autour de ces déceptions que se construit la chute des nouvelles. Si la trame des récits est habilement élaborée, les personnages ne parviennent pas à toucher le lecteur, à susciter la sympathie. Leur impatience, leur suffisance ou leur naïveté ont quelque chose d’irritant qui laisse un arrière-goût à cette lecture. Deux histoires sont plus profondes que les autres, et méritent que l’on s’y attarde. La vieille dame de « Plaisir d’offrir, » et son pied de nez à des enfants cupides, est plaisante, tout autant que l’émouvant veuf d' »Histoire suisse ».

La quatrième de couverture évoque un « style au trait net et précis », qui ne m’a pas frappée. L’écriture n’est ni désagréable ni exceptionnelle. Elle est assez banale, mêlant des dialogues, qui ont la qualité de paraître naturels, à des passages narratifs d’une sobriété qui se mue parfois en lieux communs (« Dans les années 1990, mon entreprise affichait des bénéfices insolents », est une phrase fort courante, à même de figurer dans un article de presse autant que dans un roman).

Vendanges tardives est une œuvre d’une lecture aisée, pas aussi dérangeante qu’elle le voudrait. L’intérêt des textes se tient surtout dans leur chute, ce qui n’encourage guère à la relecture, mais permet de passer un moment agréable sans se mettre martel en tête.

Je remercie les éditions l’Editeur et Babelio qui ont permis cette découverte.

Vendanges tardives, Jean-François Coulomb, 2010.

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