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Etrange anniversaire pour Enola Holmes. Le jour de ses quatorze ans, sa mère disparaît. Après quelques vaines recherches, elle se décide à faire appel à ses illustres frères, Mycroft et Sherlock, qu’elle n’a pas vus depuis dix ans. Quand l’un estime que la capacité cubique de la jeune fille semble bien limitée, l’autre n’a d’autre préoccupation que de faire d’elle une demoiselle de la bonne société. Déçue, Enola prend la poudre d’escampette. Curieuse et serviable, elle se trouve impliquée dans les investigations menées autour de la disparition d’un jeune lord. Obstinée et imprudente, la voici dans les bas fonds de Londres, avec de drôles de gaillards à ses trousses. Rien ne saurait cependant la détourner de la mission qu’elle s’est fixée : retrouver sa mère.

Inventer une petite sœur à Sherlock Holmes est une idée surprenante de prime abord, mais finalement séduisante. Il s’agit ici de littérature destinée à la jeunesse, avec une héroïne d’un âge proche de celui de ses lecteurs potentiels. Le ton, l’écriture, le rythme du roman sont à même de séduire le public visé, mais pas seulement. Nancy Springer propose un travail de qualité qui pique également l’intérêt des adultes. L’intrigue est en effet bien construite, autour d’une double enquête où l’action et la réflexion sont savamment dosées. Le tableau de la société anglaise de la fin du XIXe siècle est finement dressé. La place des femmes, et les pesanteurs de leurs élégantes mais inconfortables toilettes en particulier, sont traitées avec une légèreté qui n’esquive pas la critique. Au terme de cette lecture, qui laisse en suspens une partie du mystère, une obligation s’impose : dévorer au plus vite le deuxième tome des aventures d’Enola Holmes.

Les enquêtes d’Enola Holmes, tome 1 – La double disparition, Nancy Springer, 2006.

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