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La vie de Monsieur Shimura, quinquagénaire célibataire, est aussi simple que monotone. Quand il remarque la disparition de certains aliments dans son réfrigérateur ou le déplacement d’objets de son intérieur, il ne peut s’empêcher de penser qu’il perd la mémoire. Pourtant, les faits se répètent, et il décide de poster une caméra pour surveiller sa maison. Il alerte la police le jour où la caméra trahit la présence d’une femme dans sa cuisine. Qu’elle n’est pas sa surprise quand il découvre qu’elle vivait chez lui depuis plus d’un an ! Cette révélation bouleverse sa vie, tout autant que celle de sa discrète colocataire.

Ce court roman a pour point de départ un fait divers rapporté par les journaux japonais en 2008. Eric Faye parvient à tisser autour de ces quelques éléments une intrigue qui fait la part belle aux personnages. C’est de leurs portraits respectifs que découlent les événements, que se construit le récit. Même dans la première partie du roman, où la résolution du mystère des objets qui se meuvent ou qui disparaissent tient en haleine, le cœur du texte demeure Shimura, sa perception de la vie et de la société, sa solitude et ses habitudes. Vient ensuite se mêler le point de vue de la femme qu’il a hébergée à son insu. Les témoignages de ces deux personnages sur le monde qui les entoure, sur les évolutions de la société nippone sont particulièrement touchants. On apprécie aussi la réflexion sur la vieillesse, sur la place des personnes âgées. Le texte est mélancolique, sans jamais tomber dans le larmoyant, et laisse un lecteur songeur quand se referme le livre.

Nagasaki, Eric Faye, 2010.

Et l’on s’approche progressivement de la réalisation du challenge « In the mood for Japan« .

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