La ville de Pluto, dans le Dakota du Nord, et la réserve indienne qui en est proche ont connu bien des malheurs. Parmi les plus notables, la « malédiction des colombes » en 1896, ainsi que, vingt ans plus tard, le lynchage de quatre innocents. Ces drames ont considérablement affecté les habitants des lieux, et n’en finissent pas d’avoir des conséquences sur les familles concernées. C’est grâce à son grand-père, Mooshum, un conteur né, qu’Evelina découvre le passé de sa ville et de ses proches.  Mais d’autres voix se font entendre, qui, à leur tour, éclairent les événements marquants de la communauté, en même temps que les relations difficiles entre les Indiens et ceux qui se sont emparés de leurs terres.

Ce roman propose bien des passages agréables à lire, en particulier quand la parole est donnée aux personnages de Mooshum et de Shamengwa, un brin loufoques et terriblement touchants. Cependant les récits sont souvent trop enchevêtrés et mêlent un nombre si important de personnages qu’il est difficile de ne pas s’y perdre, d’autant plus que certaines péripéties – comme le récit de Marn Wolde – semblent bien éloignées de l’intrigue principale. Les aventures d’Evelina à l’université, puis à l’hôpital psychiatrique m’ont également laissée perplexe. Quand bien même le texte est plaisant à lire, il n’en demeure pas moins long, et finalement on s’ennuie face à une accumulation de petits et grands malheurs dont le sens finit par nous échapper. Ce fut donc une déception, qui ne m’empêchera pas de laisser une seconde chance à un auteur dont l’écriture peut se révéler très agréable.

La malédiction des colombes, Louise Erdrich, 2008.

Publicités