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Dans Deux sœurs pour un roi, Philippa Gregory mettait en scène l’accession au pouvoir de la famille Boleyn, par l’entremise de deux sœurs. Si Marie, devenue maîtresse d’Henri VIII, ne cherchait qu’à se retirer de la cour aussi vite que possible, Anne convoitait le trône. Elle l’obtint, mais cette ascension lui fut fatale, ainsi qu’à sa famille, les Howard, tombés en disgrâce.

L’intrigue de L’Héritage Boleyn se situe en 1536, trois ans après l’exécution de la reine Anne. La troisième épouse d’Henri VIII a succombé en couches, et le roi vieillissant est en quête d’une nouvelle souveraine. Anne de Clèves est arrachée à son duché luthérien et plongée au cœur des cabales de la cour d’Angleterre. Parmi les femmes attachées à son service se trouvent Jane Boleyn, rescapée des massacres antérieurs au prix d’une trahison, et Catherine Howard, jeune écervelée au corps de déesse. Ces trois femmes sont rapidement prises au piège des intrigues de cour destinées à s’emparer du pouvoir ou à le conserver.

Le récit est mené à trois voix : les points de vue des héroïnes se succèdent, alternant au gré des chapitres. Elles décryptent ainsi, selon leurs aspirations, mais en fonction aussi de leur finesse d’esprit, les dessous de la cour d’Angleterre. Le caractère versatile d’Henri VIII est dépeint sans bienveillance, et la folie de ce souverain plus proche du barbon nauséabond que du hardi chevalier apparaît dans toute sa splendeur. Maladroitement dirigée par une jeune reine sans éducation, la cour est happée dans un tourbillon de frivolité et de grivoiserie sans limites. Les interventions d’Anne de Clèves et de Jane Boleyn traduisent sans ambages les roueries des complots politiques, destinés tout autant à accaparer des bribes de pouvoir qu’à s’enrichir sur le dos de défunts frappés par les foudres royales.

Philippa Gregory excelle dans l’art de broder à partir de faits historiques réels. Elle comble habilement les manques de l’histoire, et tisse des intrigues annexes d’une vraisemblance confondante. Son récit est suffisamment clair pour qu’un néophyte y prenne du plaisir, et tout à la fois assez précis pour qu’un féru d’histoire y trouve son compte.

Merci Stéphie d’avoir fait voyagé L’Héritage Boleyn, venu à point nommé compléter ma lecture en VO de Deux sœurs pour un roi.

L’Héritage Boleyn, Philippa Gregory, 2006.

Et une nouvelle étape dans le Challenge Histoire.

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