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Un matin pluvieux, Angela est victime d’un accident de scooter. Son père, chirurgien de renom, est prévenu par ses collègues des urgences. Il se refuse à prendre part à l’intervention qui doit permettre de lui sauver la vie. Pendant la durée de l’opération, il se livre à une étrange confession. S’adressant à sa fille entre la vie et la mort, il fait le récit de ses amours douloureuses, d’une passion incompréhensible qui le poussa à tromper sa délicieuse épouse pour une jeune femme sans éducation ni charme. Il décrit la double vie menée entre ces deux femmes, Elsa, la légitime, et Italia, celle de l’ombre. Déchiré entre ses obligations sociales et son attirance pour la simplicité de la vie d’Italia, il hésite beaucoup, surtout lorsqu’il s’agit d’assumer la paternité. Les hasards de la vie, ainsi que les décisions prises par les femmes qui l’entourent, l’ont conduit dans cette petite pièce aux relents hospitaliers, à faire l’inventaire de sa vie, en attendant l’arrivée de son épouse et le retour de sa fille du côté des vivants.

Ecrit à la première personne, ce récit happe le lecteur autant par sa brusquerie que sa détresse. Il est poignant de lire la confession de cet homme auquel l’amour semble sans cesse échapper. Il n’est guère heureux, ce chirurgien présentant tous les signes de la réussite, condamné qu’il est à tenir un rôle qu’il abandonnerait volontiers pour satisfaire sa passion. Et pourtant il est difficile de le plaindre en lisant le récit de sa rencontre avec Italia, en suivant les péripéties d’une aventure qu’il mène au gré de ses états d’âme, sans se soucier vraiment de sa maîtresse. Ecoute-moi est un roman qui ne peut laisser insensible le lecteur, tiraillé entre la révolte et l’apitoiement, mais invariablement contraint de tourner page après page, pour connaître enfin le dénouement. Le style brusque, souvent haché, de l’auteur contribue en outre à créer l’atmosphère ambivalente de ce récit.

Merci Chantal !

Ecoute-moi, Margaret Mazzantini, 2001.

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