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De fâcheux libelles insultant la reine Blanche de Castille font leur apparition dans Paris. En l’absence du roi, parti combattre les hérétiques dans le Sud du royaume, ses conseillers – Barthélemy de Roye, le grand chambrier et son rival le frère Guérin, attaché à la chancellerie – décident de faire appel à un universitaire peu conventionnel, Josseran, dit « le Grammairien ». L’érudit, aux multiples talents, se trouve placé chez l’armateur Maheu Panfile, en tant que précepteur. Il entreprend ainsi d’explorer les dessous du port Saint Landry, d’où semblent provenir les libelles. Outre les étrangetés de la maisonnée Panfile – une jeune épouse plus que craintive, un troubadour aux allées et venues suspectes –, Josseran  découvre les luttes d’influence entre bourgeois, les trafics et les menées de chevaliers aux mœurs dissolues. Et quand Panfile est assassiné, la quête prend un tour nouveau. Josseran use de toutes ses relations et de tous ses talents pour éclaircir un mystère de plus en plus épais.

« Enquête médiévale » est-il indiqué sous le titre du roman, et c’est tout à fait ce qu’offre Marie Visconti. Le lecteur se trouve plongé dans un Paris médiéval très vraisemblable. Les descriptions fourmillent de détails. L’intrigue est subtilement émaillée de précisions historiques, qui révèlent un travail de recherche très pointu. La fiction s’insère dans la trame historique avec beaucoup d’ingéniosité, ménageant de nombreux rebondissements qui tiennent en haleine. Plus on s’enfonce dans le récit, et plus les pages se tournent vite. Les manœuvres des différents partis qui se disputent l’oreille du pouvoir, les défiances superstitieuses, les antagonismes entre puissants ordres religieux, à commencer par les Templiers, les incursions dans les rangs des bateleurs et autres membres du petit peuple, tout concourt à rendre captivant cet univers foisonnant. Un seul petit bémol dans cette volonté de vraisemblance : les dialogues qui, par leurs tournures très – trop ? – médiévales, paraissent souvent empruntés, surtout au début du roman. Il est à craindre qu’un lecteur peu enthousiaste se laisse rebuter, ce qui lui ferait manquer une lecture tout à fait plaisante. Il est d’ailleurs plus que probable que je succombe sous peu à la tentation de lire un autre roman de cette auteure spécialiste des mythes dans les littératures antique et médiévale.

Le Troubadour du Châtelet, Marie Visconti, 2010.

Tous mes remerciements à Blog-o-Book pour ce partenariat, ainsi qu’aux éditions Calleva qui ont eu la gentillesse de joindre une carte sympathique au roman.

Une nouvelle étape dans le Challenge Histoire !

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