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Bruges en février. Les touristes ne sont plus légions, et c’est pour le mieux. Le commissaire adjoint Pieter Van In se voit retirer l’enquête sur l’assassinat d’un ressortissant allemand après quelques découvertes étonnantes et, en échange, il hérite de la traque des terroristes responsables de l’attentat sur la statue du poète Guido Gezelle. Avec l’aide de son fidèle Versavel et de la jolie procureure Hannelore Martens, Van In ne tarde pas à constater que les deux affaires ne sont pas si éloignées. A coup de Duvel, de chocolat chaud et de la théorie du chaos, le commissaire débrouille les fils et sauve un des joyaux de l’architecture brugeoise.

C’est avec une grande facilité, et un immense plaisir, que l’on retrouve l’atmosphère des romans de Pieter Aspe dans ce deuxième opus de la série. Van In est toujours aussi grognon, quoique légèrement affaibli – ce qui alarme au plus haut point son adjoint Versavel. La bière coule à flot, et la belgitude se fait multiforme – les querelles entre police et gendarmerie sont toujours présentes, et l’on y ajoute de manière plus marquée les tensions entre Wallons et Flamands. On découvre enfin l’origine du fameux « Benson im Himmel ! », qui n’a rien de belge. Et surtout, le roman est le prétexte à une réflexion sur la mise en valeur du patrimoine architectural d’une ville comme Bruges, ou sa cousine du Sud, Venise. On s’interroge sur la place à accorder aux habitants du cru, ce qui sème le trouble chez un Van In toujours un peu juste dans le remboursement de sa maison. Les œuvres d’art ne sont pas oubliées, puisqu’au cœur de l’intrigue se tient une des pièces majeures de Bruges, la Vierge à l’Enfant de Michel-Ange. Après cette lecture, très agréable, Bruges apparaît sous un tout autre jour, qui renforce l’attachement que j’ai pour cette ville.

Chaos sur Bruges, Pieter Aspe, 1996.

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