La ménagerie du Jardin des Plantes voit s’installer dans une de ses cages un hôte surprenant : un homme sale, hagard et absolument silencieux. Un panneau indique qu’il s’agit d’un « Labore carens », à savoir un chômeur, aux airs de sans domicile fixe. La situation se complique encore quand il est retrouvé pendu à la gloriette du Jardin. L’inspecteur Justin mène l’enquête qui le conduit dans les coulisses sombres des ressources humaines. Ce qu’il y découvre entraîne non seulement la résolution de l’affaire, mais aussi un profond bouleversement dans sa vie.

L’intrigue de cette bande dessinée est une jeu d’équilibres qui reposehabilement sur une idée de départ à la fois étonnante et intéressante. Autour viennent se greffer des personnages aussi loufoques que touchants, des intrigues secondaires où les relations humaines ont la part belle, et surtout une réflexion sans concession sur les libertés que s’arrogent certains au prétexte d’une situation économique difficile. Même si le ton est souvent léger, parfois très drôle, le cœur de l’histoire reste dur, d’une lucidité douloureuse. On retrouve avec plaisir des thèmes et des situations chers à Daniel Pennac, ainsi que le style très particulier de Tardi. Cette bande dessinée ne peut que ravir leurs fervents lecteurs.

La débauche, Tardi et Pennac, 2000.

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