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Le fils d’un proche du dauphin est trouvé mort dans sa chambre, close de l’intérieur. Nicolas Le Floch est dépêché sur les lieux et met rapidement en doute l’hypothèse du suicide. Malgré les réticences du père de la victime, le lieutenant général de police, Gabriel de Sartine, confie au jeune commissaire, devenu son protégé, une enquête qui s’annonce fort délicate. Epaulé par l’inspecteur Bourdeau, Nicolas Le Floch met peu à peu au jour les éléments d’un complot qui mêle vengeance personnelle et querelle religieuse. Le passé du comte de Ruissec, père de la victime, recèle quelques vilenies, auxquelles s’ajoutent les menées hasardeuses de ses deux fils et les interventions rouées de Mme de Pompadour qui ne perd jamais une occasion de nuire à ses détracteurs auprès du roi.

Une nouvelle fois, l’intrigue associe habilement enquête criminelle d’ordre privé et complot d’Etat. Le commissaire Le Floch approfondit, dans cette épreuve, sa connaissance du métier tout autant que son apprentissage des usages de la Cour. Il met à profit tous ses atouts, se présentant tantôt comme le représentant de la police royale, tantôt comme le noble titré qu’il est depuis qu’il a découvert que le marquis de Ranreuil, son parrain, n’était autre que son père. Il a ses entrées à Versailles comme dans la basse geôle du Châtelet. Le personnage de Nicolas Le Floch gagne en profondeur à mesure que son expérience s’accroît, et il n’en devient que plus passionnant à suivre. Ses équipées, solitaires ou en compagnie de Bourdeau, sont l’occasion pour Jean-François Parot de poursuivre sa présentation du Paris des années 1760. Les paysages urbains, les portraits, les parenthèses gastronomiques sont toujours aussi plaisantes, servies qu’elles sont par un style qui rappelle celui du XVIIIe siècle, sans pour autant tomber dans le pastiche.

Cette deuxième aventure de Nicolas le Floch se déguste avec délectation. A une atmosphère historique fascinante vient s’associer une intrigue plus riche et captivante que dans le premier opus. Il faudra sans tarder se plonger dans Le fantôme de la rue Royale pour poursuivre la découverte de cette série.

L’homme au ventre de plomb, Jean-François Parot,2000.

Troisième étape dans le Challenge Histoire.

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