Soixante quatre garçons vivent coupés du monde, dans une grande maison régie par les Césars. De leur vie antérieure, ils ne savent rien. Ce qui les attend quand ils auront « craqué »– le mince sommier de leur lit – et devront quitter la Maison, ils l’ignorent tout autant. Du monde extérieur, ils ne connaissent que ce que leurs professeurs et les livres expurgés leur enseignent. Pourtant, certains se posent des questions. Méto rejoint un petit groupe bien décidé à trouver les réponses qu’on leur refuse.

Ce premier tome de la trilogie fait entrer d’emblée le lecteur dans un univers où l’étrange semble prendre la place de la normalité. La description du quotidien de ces jeunes garçons, des cours aux activités sportives d’une brutalité spectaculaire, en passant par les repas où chaque bouchée est chronométrée, rappelle la pesanteur d’un univers carcéral. L’émulation entre les enfants, en même temps que la solidarité à laquelle ils sont contraints, paraissent au plus haut point malsaines. Et quand se lève le voile sur les coulisses de la Maison, sur le devenir des garçons qui ont « craqué », l’atmosphère se fait plus pesante encore. On ne peut manquer d’éprouver de la sympathie pour le héros qu’est Méto, un meneur né, doté d’une intelligence vive et d’un bon sens à toute épreuve. Ce premier épisode de ses aventures amorce bien un récit qui s’achève en suspens. A peine refermé ce tome que l’on s’empare du suivant pour en savoir plus.

Il s’agit là d’un ouvrage de littérature de jeunesse de fort bonne facture. La lecture est aisée, rythmée par des descriptions qui éveillent la curiosité et, surtout, par des scènes d’action qui relancent l’intrigue à intervalles réguliers. A tel point que les adultes peuvent eux aussi se laisser prendre au jeu.

Méto, tome 1 – La Maison, Yves Grevet, 2008.

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