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Tout juste sorti de son collège de Jésuites, Nicolas Le Floch est arraché à sa Bretagne natale à la demande de son parrain, le marquis de Ranreuil. Dûment pourvu d’une lettre de recommandation, il est accueilli par Gabriel de Sartine, lieutenant général de police de Paris, qui l’envoie faire ses classes auprès du commissaire Lardin. A peine Nicolas a-t-il eu le temps de découvrir son métier d’inspecteur, que Lardin disparaît dans des circonstances troubles. Les suspects ne manquent pas, ni même les cadavres qui semblent pleuvoir de toutes parts. Nicolas Le Floch est chargé, par Sartine en personne, de faire le jour dans cette affaire, compliquée encore par une disparition de lettres susceptibles de compromettre le roi.

Cette Enigme des Blancs-Manteaux ouvre une série de romans dont Nicolas Le Floch est le héros. Elle présente ainsi les aspects d’un roman de formation, puisque Nicolas y fait son apprentissage professionnel tout autant que parisien. L’intrigue policière est savamment ordonnée, menée à un rythme de sénateur qui laisse tout le loisir de profiter des qualités du roman. La langue, tout d’abord, est savoureuse. Jean-François Parot s’efforce de rendre autant que faire se peut le parler de la fin du XVIIIe siècle, à la fois dans les sphères les plus élevées de la société et dans les rues les plus sombres de Paris. Il use d’un vocabulaire parfois déroutant, qui justifie la présence de nombreuses notes. Mais la langue n’est qu’un des éléments mis à contribution par l’auteur pour dresser un tableau vraisemblable et solidement documenté du Paris des années 1760. C’est bel et bien à un roman d’ambiance que l’on a affaire ici. Le plus agréable, dans cette lecture, est l’exploration historique de l’époque. Point de description rébarbative cependant. Ce sont les pérégrinations du héros qui amènent à arpenter les différents quartiers de la capitale aussi bien que les allées de Versailles. Les références gastronomiques abondent, des adresses alors en vogue (dont certaines existent encore de nos jours) aux descriptions des petits plats dont se sustente Nicolas Le Floch. Le plaisir est grand de suivre ce personnage aux origines incertaines, à l’esprit vif et à la curiosité sans pareil. Et l’on sait, en refermant cette première aventure, qu’il faudra succomber à nouveau.

L’énigme des Blancs-Manteaux, Jean-François Parot, 2000.

Deuxième étape dans le challenge Histoire.