Cinq fillettes disparaissent en quelques semaines. Les médias s’affolent. La population prend peur. Et la police décide de confier cette affaire délicate à une équipe peu ordinaire. Sont réunis trois agents spéciaux, aux compétences complémentaires, dirigés par un civil, le criminologue Goran Gavila. A ce groupe, qui a fait ses preuves dans la poursuite des meurtriers en série, vient s’ajouter Mila Vasquez, experte dans l’art de retrouver les personnes disparues. Très vite, un pan du mystère semble se lever, suscitant davantage de questions que de réponses. Bataillant contre leurs fantômes respectifs, les enquêteurs progressent au gré des indices que sème l’auteur de ce scénario implacable.

Le point fort de ce roman est indéniablement l’intrigue criminelle, construite avec minutie, ne laissant rien au hasard. L’auteur semble avoir porté son attention en priorité sur l’enchaînement des crimes, sur la mise en place du faisceau d’indices déposés par le responsable de toutes les horreurs perpétrées à la manière du petit Poucet. En comparaison, il manque au travail de l’équipe de Gavila, à l’intrigue policière à proprement parler, la fluidité et la logique qui éveillent l’admiration. Le recours à des artifices un peu grossiers, comme l’intervention d’une médium, rend moins fascinant le travail des enquêteurs. On peut également déplorer le ton didactique de certains passages, qui donnent l’impression que l’auteur cherche à faire étalage de ses connaissances. Si le personnage de Goran Gavila apparaît d’abord comme le plus intéressant, on ne parvient pas vraiment à s’attacher à lui. Il est par ailleurs difficile de comprendre ses motivations lorsqu’il séduit Mila : pourquoi serait-il à ce point ému et bouleversé par la mise en cause d’un de ses collègues s’il en est lui-même responsable ? L’auteur souhaitait vraisemblablement préparer le dénouement de son roman, mais ce rapprochement entre les deux héros reste bancal.

L’idée de départ pour la création de ce thriller est intéressante et a permis la mise en place d’un scénario criminel bien huilé. Néanmoins le plaisir de lecture est en partie gâché par des choix peu convaincants dans les modalités de résolution du mystère. On reste un peu sur sa faim.

Le chuchoteur, Donato Carrisi, 2010.

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