Le docteur Viktor Larenz est un homme comblé. Héritier d’une grande famille berlinoise, psychiatre de renom, il est surtout le père d’une fille de douze ans qu’il adore. Et quand  Josy tombe malade, le monde s’effondre autour de lui. Prêt à tout pour la sauver, il entame un marathon médical qui s’achève dans la douleur et l’incompréhension le jour où Josy disparaît. Quatre années s’écoulent sans que le mystère ne se lève. Viktor Larenz est anéanti. Il a renoncé à son métier et a mis de côté sa vie conjugale pour concentrer toutes les forces qui lui restent pour retrouver la trace de sa fille. Alors qu’il s’est retiré dans la résidence secondaire léguée par ses parents, Anna Spiegel s’adresse à lui pour qu’il l’aide à venir à bout de sa schizophrénie. Sur le point de refuser, il cède lorsqu’il s’aperçoit que les hallucinations de la jeune femme ne sont pas sans rappeler l’histoire de sa propre fille. Viktor Larenz pense enfin tenir une piste vers la vérité. Mais le chemin est encore long avant le fin mot de l’histoire.

Thérapie  est un de ces thrillers qui prend le lecteur aux tripes, lui fait retenir son souffle et battre le cœur. Qu’il est difficile de s’arracher à ce roman dont chaque chapitre donne envie de lire le suivant. On ne peut pas dire pour autant que l’on s’attache aux personnages. Si Viktor Larenz suscite compassion et sympathie au début, il devient plus compliqué à cerner à mesure que les événements et les révélations s’enchaînent. Anna Spiegel est tout aussi ambivalente, et l’on ne sait trop comment prendre ce personnage surgi de nulle part. Même le docteur Roth se révèle fort surprenant. L’intrigue est construite avec beaucoup de minutie, laissant filtrer subtilement des indications sensées guider le lecteur vers le dénouement, mais le prenant finalement de court avec les dernières péripéties. Sebastian Fitzek sait à merveille faire monter la tension, jouer avec le suspense et avec les nerfs de son lecteur. Point de gros sabots ni d’incohérences flagrantes. Un roman à lire, si possible, d’une traite pour préserver l’ambiance délicieusement malsaine qui s’en dégage.

Thérapie, Sebatian Fitzek, 2006.

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