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Des menaces, des accidents qui n’en sont pas vraiment. Une enquête débute, cherchant à déterminer qui et pourquoi certains s’en prennent à des hommes et des femmes dont le seul point commun est le temps et la passion qu’ils vouent  au « Bon Roman ». L’intrigue pseudo policière n’est cependant présente qu’en guise d’introduction au cœur du récit, à savoir la création de la librairie « Au Bon Roman » et les péripéties qu’elle a entraînées. C’est un peu par hasard qu’Ivan et Francesca se rencontrent, mais c’est en connaissance de cause qu’ils se lancent dans une entreprise risquée et palpitante. Ils choisissent en effet d’ouvrir une librairie qui, comme son nom l’indique, n’accueille sur ses rayonnages que des romans, qui plus est de qualité, de ceux qu’on n’oublie pas et qu’on peut relire sans craindre d’être déçu. Chacun de ces personnages porte son lot d’espoirs et de déceptions, de peines et de secrets. Et quand bien même on s’attache à eux, il n’en demeure pas moins que l’élément essentiel du roman, son personnage principal, reste la librairie.

Laurence Cossé offre ici au lecteur invétéré une belle parenthèse, un rêve littéraire. On se prend à espérer que son roman donne des idées à un riche mécène, pour qu’un beau jour il soit possible d’arpenter les allées de cette librairie idéale, de s’y tenir debout jusqu’à la fermeture qui surprend en pleine lecture. A défaut de voir cette chimère devenir réalité, on se laisse immerger dans ce roman écrit d’une plume sobrement élégante. On tourne les pages sans précipitation, pour faire durer le plaisir. Et quand au détour d’une page se dresse un titre qui éveille la curiosité, deux choix se présentent : glisser négligemment un signet ou se faire violence pour griffonner dans son carnet-liste-à-lire, avant de replonger. Que chaque chacun soit prévenu : la lecture de Au Bon Roman est aussi agréable qu’elle est dangereuse pour les LAL.

Au Bon Roman, Laurence Cossé, 2009.

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