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Quand Mycroft l’appelle à la rescousse, Sherlock Holmes n’hésite pas un instant à rejoindre son frère. Watson à ses basques, le voici qui s’installe à Holyroodhouse, résidence officielle de la reine à Edimbourg. La grande Victoria semble en danger après que deux architectes ont trouvé la mort sur ses terres, et ce de façon suspecte. Chargés de réhabiliter l’aile ouest du château, témoin du meurtre d’un des proches de Marie Stuart, l’italien David Rizzio, les deux hommes ont été « poignardés à l’écossaise » tout comme lui autrefois. Si à cela on ajoute une tache de sang « qui ne sèche jamais », le fantôme du secrétaire italien s’invite en tant que premier suspect. Mais il en faut plus à Sherlock Holmes pour se laisser berner, et c’est avec le brio habituel qu’il dénoue une bien sombre affaire.

Caleb Carr s’attaque ici à la rude épreuve du pastiche holmésien. Il est manifeste qu’il s’est beaucoup imprégné des œuvres de Conan Doyle. Il s’efforce de respecter le ton du docteur Watson, tantôt admiratif de son célèbre ami, tantôt agacé de ne pas comprendre où le conduisent les intenses cogitations de Sherlock. Les références au Canon sont présentes, sans pour autant être envahissantes. L’intrigue est plutôt bien bâtie, même si elle est un peu longue à se mettre en route. On peut par ailleurs regretter que les protagonistes de cette histoire soient aussi nombreux. Contrairement aux textes de Conan Doyle, le récit manque de concision et la multiplicité des personnages ouvre un trop grand nombre de pistes, souvent fausses et pour la plupart abandonnées sans véritable explication. En dépit de ces imperfections qui montrent bien qu’il ne s’agit que d’un pastiche, le lecteur passe un bon moment en compagnie de Sherlock Holmes.

Le secrétaire italien, Caleb Carr, 2005.

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