Aux côtés de l’ange de la vie et de l’ange de la mort, se trouve un troisième ange, « celui qui vit parmi nous et que l’on trouve quelquefois étendu dans un lit de malade, appelant à la compassion ». Chacune des héroïnes du roman est confrontée à son troisième ange. L’histoire commence pourtant sur une peu surprenante jalousie entre sœurs, la cadette s’éprenant du futur époux de son aînée. Très vite, derrière la futilité des jeunes filles, se dessinent trois portraits de femmes à des époques différentes. Toutes ont cependant un point commun, un air de famille en quelque sorte : elles ont vu leur vie basculer lors d’un séjour à l’hôtel Lion Park de Londres, lors d’une rencontre faite au septième étage de l’établissement. Des destins différents, entre 1952 et 1999, mais que rassemblent des expériences de l’amour, de l’impuissance, de la mort. Des choix distincts qui pourtant les rapprochent.

C’est par la fin que ce récit commence, avec l’histoire de Maddy, qui s’éclaire à mesure que l’on remonte dans le temps, pour suivre Frieda et Lucy. Ce choix rend l’intrigue très prenante. Au-delà du devenir de chacune des héroïnes, de leurs souffrances personnelles, on découvre peu à peu une explication plausible à la présence d’un fantôme dans l’hôtel. Une touche de fantastique dans une intrigue où les vivants, sur les épaules desquels pèse le souvenir de leurs défunts, se démènent comme ils le peuvent avec les tragédies du quotidien comme avec les grands malheurs qui peuvent infléchir à jamais une vie. La sobriété de l’écriture souligne admirablement la grandeur des sentiments qui habitent les trois femmes. Point de fioritures inutiles. Face à l’adversité, leur calme, l’inflexibilité de leurs choix suscitent l’admiration. Malgré l’atmosphère sombre du roman, c’est l’optimisme qui l’emporte. Et lorsque le livre se ferme sur la dernière page, une impression d’apaisement domine.

Tous mes remerciements à Livraddict et aux éditions JC Lattès, grâce auxquels cette lecture enchanteresse a été possible.

Le troisième ange, Alice Hoffman, 2010.

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