Le désormais classique « Découvrons un auteur » de Pimprenelle met ce mois-ci Fred Vargas à l’honneur. Même si cela fait bien plus de 10 ans que j’ai découvert cet auteur et ses œuvres, je ne pouvais manquer ce rendez-vous. Il a fallu bien chercher pour dénicher un roman de Vargas que je n’avais pas encore lu. Comme les deux essais Petit Traité de Toutes Vérités sur l’Existence et Critique de l’anxiété pure avaient d’ores et déjà été dévorés, ce n’est qu’au terme d’une petite enquête qu’a surgi un titre inconnu : Les jeux de l’amour et de la mort, son premier roman.

Il s’agit ici d’une œuvre qui ne met pas encore en scène les personnages fétiches de Vargas – l’incontournable commissaire Adamsberg ou les Evangélistes de Debout les morts. Le héros est Thomas Soler, un peintre en mal de reconnaissance. Pour percer enfin, il décide de se rendre à une soirée plus que privée, organisée en l’honneur d’une célébrité de la peinture contemporaine, Robert Samuel Gaylor. Loin de réussir à atteindre son but, Thomas Soler se trouve pris dans une sombre affaire criminelle : il découvre un cadavre dans le bureau de son hôte, et est très vite suspecté, sans compter que la vie du grand Gaylor semble à son tour en danger. Au gré de multiples retournements, l’enquête progresse, et réserve moult surprises au lecteur.

Découvrir Les jeux de l’amour et de la mort après la lecture des autres œuvres de Vargas ne peut jouer en faveur de ce roman. Si l’intrigue est bien construite et ménage un suspense fort appréciable, il n’en demeure pas moins que l’écriture est moins aisée qu’elle ne le devient par la suite. On prend plaisir à suivre des personnages qui suscitent la sympathie – même quand ils ne sont pas ce qu’ils prétendent être. Ce fut une lecture agréable, d’un premier roman où tous les ingrédients qui font un bon polar sont réunis. On reste néanmoins un peu sur sa faim lorsqu’on le compare à ses successeurs. A conseiller à ceux qui découvrent véritablement Fred Vargas, ou à ses inconditionnels lecteurs.

Les jeux de l’amour et de la mort, Fred Vargas, 1986.

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