Le roman commence comme l’inventaire d’un sac à main. Rien de bien extraordinaire dans ces objets que leur propriétaire commente, livrant leur histoire et les souvenirs auxquels ils sont attachés.  On se dit alors qu’on a affaire à une femme banale, mariée, mère, tout sauf frivole, curieuse et voyageuse. Mais quand débute la seconde partie de l’œuvre, l’histoire bascule. On découvre alors le regard du mari sur ce sac à main, mais aussi le secret si bien gardé de son épouse.

Le sac à main est une œuvre très brève (une centaine de pages), intense, un peu comme une nouvelle allongée. La liste du bric à brac qui encombre ce sac apparaît comme autant de tranches de vie du personnage principal. Et rien ne laisse présager du rebondissement de la dernière partie. Marie Desplechin ménage sa surprise, en insistant sur la simplicité de son héroïne. Certains objets du sac évoquent des situations du quotidien vécues par moult femmes, et qui font sourire. D’autres ouvrent l’horizon en faisant voyager le lecteur dans le temps – que de vestiges du passé dans ce sac – et au-delà des océans – un tampon dans un passeport éveille bien des souvenirs. L’écriture est sobre, agréable à parcourir. Seul bémol, le texte est ponctué de dessins censés illustrer le propos, mais qui ne sont guère convaincants, loin d’être indispensables. L’œuvre reste agréable, et ne peut manquer de conduire chaque lectrice à jeter un œil au fourbi qui lui sert de sac à main.

Le sac à main, Marie Desplechin, 2004.

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