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Le corps d’une très belle jeune femme enserré dans le linceul de glace qu’est devenue l’eau de son bain. Telle est la découverte faite par Erica Falck, d’autant plus brutale qu’il s’agit d’une de ses amies d’enfance. Peu enthousiasmée par la biographie commandée par son éditeur, elle se lance dans une enquête aux fins littéraires. Son chemin croise alors celui de l’inspecteur Patrick Hedström avec lequel elle noue une complicité qui dépasse le cadre policier. Erica se met en tête de découvrir les circonstances de la mort de son amie, quels que soient les secrets présents et passés qu’il faudra exhumer.

Les premières pages du roman laissent espérer une intrigue palpitante. Pourtant l’intérêt s’émousse très rapidement. L’auteur, en choisissant de baliser la résolution du mystère tout au long de l’intrigue, dévoile des indices plus qu’explicites. Le dénouement de l’histoire principale, comme celui des récits annexes (les démêlées conjugales de la sœur de l’héroïne ou les liens troubles qui unissent la belle assassinée et sa propre sœur), sont cousus de fil blanc. C’est un peu la montagne qui accouche d’une souris. Et l’on n’est guère surpris lorsqu’arrivent les dernières pages.

Les personnages inspirent peu de sympathie. L’héroïne est finalement assez caricaturale : une trentenaire qui a pris un peu d’embonpoint, dans une impasse professionnelle, sentimentale et familiale, mais qui parvient à se ressaisir. On tombe dans le registre d’une chick-litt qui ne s’assumerait pas. Les épisodes de réflexion intense sur la nourriture – à consommer ou non, avec les remords idoines – ou les vêtements – que mettre pour ce rendez-vous ? – mais aussi les scènes d’amour,  manquent de subtilité, et tout bonnement d’intérêt. Les personnages secondaires sont tout autant dépourvus d’attraits, affublés de caractéristiques grossies à un tel degré qu’elles les rendent souvent ridicules.

Il ressort de cette lecture l’impression que l’auteur n’a pas su quel ton adopter, oscillant entre la rigueur de l’enquête, la candeur de la bluette, le manichéisme du roman de gare. Ce roman est donc une déception car il ne tient pas toutes les promesses de la quatrième de couverture ou des cinquante premières pages. Il ne suffit pas de vivre dans le Nord de l’Europe pour maîtriser l’art d’écrire des polars. Espérons que les autres participants de cette lecture commune Livraddict auront pris davantage de plaisir.

La princesse des glaces, Camilla Läckberg, 2003.

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