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C’est au moment de la sortie du dernier opus de Donna Leon, Le Cantique des Innocents, que la curiosité m’a poussée à aller voir de plus près les romans de l’auteur. Découvrir que l’ensemble des enquêtes du commissaire Guido Brunetti se déroule à Venise a suffi à me faire ouvrir le premier volet de cette série.

Comme le titre l’indique, l’enquête porte sur un meurtre perpétré au théâtre de la Fenice. Un grand chef d’orchestre, Wellauer est assassiné entre les deux derniers actes de La Traviata. Dans une ville où l’opéra est quasi sacré, ce crime prend une ampleur colossale. La résolution de l’affaire est confiée au commissaire Brunetti, vénitien d’origine, profondément épris de sa ville.

De l’enquête elle-même, on peut retenir qu’elle est plutôt bien construite, quoique de manière déséquilibrée. Il faut attendre le dernier tiers du roman pour que les événements se précipitent un peu, les quelques miettes d’indices parcimonieusement jetées en pâture au lecteur trouvant alors tout leur sens. Brunetti est loin du commissaire jeune et dynamique auquel les lecteurs ont pu s’habituer dans les romans policiers actuels. Il tient plutôt du Jules Maigret, mâtiné d’Hercule Poirot. Il prend son temps, écoute et observe ses interlocuteurs, les rencontre plusieurs fois pour leur poser des questions qui semblent parfois anodines, s’attache à des détails comme à la psychologie des personnages. Pas de rythme ébouriffant dans cette intrigue, ni de rebondissement ébahissant. Et que c’est reposant.

Je crains toutefois que mon intérêt, ou pourrait-on dire ma passion pour la Sérénissime, n’ait un peu faussé cette lecture. Il est en effet agréable de parcourir Venise aux côtés de Brunetti, de l’écouter décrire amoureusement sa ville et ses habitants. J’ai pris un grand plaisir à voir évoqués des lieux que j’ai appréciés lors de mes visites, et pas seulement les monuments courus par les touristes. Donna Leon semble prendre le prétexte de ces enquêtes pour rendre hommage à sa ville d’adoption. On ne peut que l’en remercier. Et c’est sans nul doute la motivation première d’une lecture prochaine d’un autre de ses romans, avec, évidemment, l’envie de retrouver Brunetti et sa charmant épouse Paola.

Mort à la Fenice, Donna Leon, 1997.

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