Dix années se sont écoulées depuis la fin de la Grande Guerre. Dix années qui n’ont pas permis à Freddie Watson de se remettre de la mort de son frère aîné au champ d’honneur. A peine rétabli d’une dépression, il s’en vient passer quelques jours dans le Sud Ouest de la France. Pris au piège dans une tempête de neige, il échappe de peu à la mort quand sa voiture manque d’être précipitée dans un gouffre. Il parvient à trouver refuge dans le village de Néans. La mélancolie qui le dévore, accentuée par le décor et le choc de l’accident, lui ouvre les portes d’un monde étrange, celui des Cathares. Freddie s’engage alors dans une quête amoureuse, aux accents morbides.

Le récit de Kate Mosse plonge progressivement le lecteur dans un monde fantastique, où des fantômes bienveillants viennent titiller les vivants. L’intrigue, où les péripéties sont finalement peu nombreuses, est bien servie par  une écriture au rythme lent de berceuse. La tristesse du narrateur gagne le lecteur, de manière à le rendre plus sensible aux événements peu ordinaires auxquels il est confronté. Dans les descriptions des paysages, et même des personnages, l’attachement de l’auteur pour les contrées reculées de l’Ariège, et leur beauté sauvage, est manifeste. L’enquête en elle-même n’est guère surprenante, et le dénouement de l’intrigue est assez évident pour un lecteur attentif. Mais ce n’est pas là que réside l’intérêt de cet ouvrage. Il s’agit plutôt d’un hommage littéraire rendu à une région et à son histoire douloureuse.

Fantômes d’hiver, Kate Mosse, 2009.

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