La fantasy n’étant pas un de mes domaines de prédilection, il a fallu une conjonction de circonstances pour que je m’y engage. C’est, en l’occurrence, dans le cadre du défi « Les livres qu’on ne s’imaginerait pas lire » et d’une lecture commune avec Livraddict que je me suis laissée entraîner dans cet ouvrage.

L’histoire de ce premier volume d’une saga en cinq parties n’est guère complexe. Une jeune fille, Elena, se découvre subitement dotée d’une magie qu’elle ne comprend ni ne contrôle et qui attise les convoitises, en particulier celles du grand méchant magicien, le Seigneur Noir. Précipitée dans une fuite effrénée, Elena croise sur son chemin une kyrielle de personnages qui finissent tous par trouver un intérêt dans sa protection. Parmi cette bande hétéroclite, on trouve un guerrier manchot, un géant des montagnes, un vieillard confit de connaissances livresques, un ogre, une nymphe, un elfe, des personnages métamorphes, qui sont évidemment tous complémentaires. S’ensuit une succession de rencontres, de présentations des différents mondes auxquels appartiennent ces personnages, mais aussi de combats. Cinq cents pages qui ne mènent ni à une découverte fondamentale ni à la fin de la quête qui doit durer jusqu’au terme de la saga.

Rien de bien original dans cette intrigue qui mêle des éléments empruntés à d’autres œuvres. Ce premier volume n’est pas sans rappeler la formation de la Communauté de l’anneau chez Tolkien ou, mutatis mutandis, le magicien d’Oz, voire Dune avec la Fraternité et la Sororité. Ajoutons à cela un univers de Moyen Age de pacotille, bardé de clichés, comme celui d’une nature idéalisée, qui n’attend que d’être comprise des hommes. L’auteur n’épargne pas non plus à son lecteur les poncifs concernant les préventions des différents peuples les uns envers les autres. Et pour couronner le tout, un style lancinant, débordant d’adjectifs inutiles, censés apporter du réalisme au monde décrit. Le meilleur est sans doute l’étrange lubie de coller partout des apostrophes pour tenter de se démarquer, de se donner un genre à part. C’est ainsi que l’on suit les aventures d’une « sor’cière », accompagnée d’un « og’re », qui se nourrissent de « chok’olat ». L’ensemble est pompeux à souhait, comme le laissait déjà penser le préambule prétentieux.

 Il est plus qu’évident que cette lecture a été une déception. J’en ai cependant tiré un enseignement : la fantasy est un genre qui ne me convient pas. Je conçois néanmoins que d’autres lecteurs puissent trouver du plaisir à suivre de telles intrigues dans des mondes plus ou moins médiévaux, mâtinés de magie. Tout est finalement affaire de goût.

Les bannis et les proscrits, tome 1, « Le feu de la Sor’cière », James Clemens, 1998.

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