Lorsqu’un auteur à succès l’invite à écrire sa biographie, Margaret Lea ne peut y croire : Vera Winter a proposé, au cours de sa longue carrière, autant de versions de sa vie que d’interviews. Quoique suspicieuse, elle s’attèle à la tâche. Les révélations de Miss Winter réveillent ses propres fantômes et la conduisent à s’interroger sur sa vie.

 Ce roman au thème somme toute assez banal (un auteur de renom et sa vie cachée) devient cependant très prenant à mesure que l’on avance dans sa lecture. Plongé le plus souvent dans un univers de huis clos (qu’il s’agisse du domaine d’Angelfield ou de la propriété de Miss Winter), à une époque mal définie, le lecteur se laisse captiver par ce qui devient une véritable enquête. Le style de l’auteur est fluide. Peu d’éléments viennent divertir de l’intrigue en elle-même : les descriptions sont brèves, réduites au minimum et servent toujours le déroulement du récit. L’enchevêtrement des histoires de Miss Winter et de Margaret est construit de manière à tenir en haleine le lecteur, sans lourdeur toutefois – hormis peut-être l’insertion du journal intime d’un personnage secondaire qui fait l’effet d’une redondance.

Le treizième conte est une lecture fort agréable, qui, sans une extraordinaire originalité dans l’intrigue, parvient à retenir le lecteur dans son univers trouble, jusqu’au dénouement tant attendu. L’auteur a su respecter la règle de son personnage en proposant un début, un milieu et une fin qui satisfont les attentes de la plupart des lecteurs, mais aussi en créant une galerie de personnages suffisamment profonds pour toucher leur sensibilité et pour les guider dans une réflexion sur la famille et sur l’identité.

Le treizième conte, Diane Setterfield, 2006.

PS : ce roman a fait l’objet d’une lecture commune chez Stephie,  entre autres

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